William Dulac est un adolescent de 17 ans qui passe la majeure partie de ses journées devant les écrans. Que ce soit pour jouer à des jeux vidéo, regarder des séries ou passer du temps sur les réseaux sociaux, il est constamment connecté.
Par Mia Larivière | Arts, lettres et communication
William Dulac est un jeune de 17 ans qui ne peut pas se passer des écrans. Il peut passer de nombreuses heures sur ceux-ci. «Je peux passer plus de 15 heures par jours sur mes appareils électroniques puisque j’en ai beaucoup et ils n’ont pas tous la même utilité.»
William a un téléphone, une télévision, une console de jeux vidéo, un ordinateur et un iPad. Chacun de ses appareils a une utilité différente. Le téléphone de William lui sert à communiquer, naviguer sur Internet et utiliser des applications diverses. Son ordinateur lui sert à travailler, naviguer sur Internet et créer du contenu. Sa télévision lui permet de regarder des émissions, des films et des séries. Sa console de jeux est utilisée pour jouer à des jeux vidéo et interagir en ligne. Les jeux vidéo lui offrent du divertissement et son iPad est utilisé pour naviguer, lire, prendre des notes et jouer à des jeux.

ENVOÛTEMENT QUOTIDIEN
Dès qu’il se réveille, avant même de faire quoi que ce soit, il se précipite pour attraper son téléphone sur sa table de nuit. Cette routine incontournable est devenue pour lui, un besoin presque vital. «Quand je me réveille, la première chose que je fais est de vérifier si mes amis m’ont texté et je passe ensuite un peu de temps à défiler sur TikTok». Il passe ainsi les premières minutes de sa journée à scroller sans réfléchir, perdant la notion du temps et des priorités.
Cette routine commence dès le matin et se poursuit tout au long de la journée. Pendant les repas, il a toujours un écran devant lui, que ce soit pour regarder des vidéos ou pour consulter ses réseaux sociaux.
Même lorsqu’il est en classe, il trouve des moyens de vérifier son téléphone discrètement, ce qui affecte sa concentration et ses performances scolaires. Après l’école, au lieu de faire ses devoirs ou de participer à des activités extérieures, il préfère rester dans sa chambre, absorbé par ses jeux vidéo ou ses séries en ligne.
LES RAVAGES DE LA DÉPENDANCE AUX ÉCRANS
Son entourage, préoccupé par cette situation, remarque qu’il a de plus en plus de difficultés à se concentrer sur ses devoirs scolaires et qu’il semble moins intéressé par les activités en plein air qu’il aimait auparavant.
Ils craignent que cette dépendance aux écrans affecte non seulement sa santé physique, en raison d’un manque d’exercice, mais aussi son développement social, car il passe moins de temps avec ses amis. «Il sort de moins en moins et voit presque plus ses amis, dit Julie Poirier, sa mère. Lorsqu’il les voit, ils jouent aux jeux vidéo.»
William s’intéresse pratiquement juste à ses appareils, surtout lors de leur utilisation «Quand je suis sur mon téléphone, je me sens comme si le monde autour de moi s’arrêtait, mes yeux sont fixés sur mon écran et il n’y a rien autour de moi qui me semble intéressant sauf mon écran.»
La Fondation d’entreprise Ramsay Santé a dévoilé les résultats des trois questions posées par le média JAM auprès d’une communauté de jeunes de 15 à 25 ans. Ceux-ci ont été interrogés sur leur rapport aux écrans et sur les troubles associés.
«Les jeunes âgés entre 15 et 25 ans déclarent avoir une relation nocive, voire toxique, avec leur téléphone portable: 38% se déclarent addicts et 34% décrivent leur relation comme négative. Près d’un tiers des jeunes (31%) reconnaissent que les écrans perturbent leur sommeil et pour 17% des sondés, le téléphone met à mal leurs interactions sociales.»
L’ISOLEMENT CAUSÉ PAR LES ÉCRANS
Passant plus de 15 heures par jour sur ses appareils électroniques, William consacre de moins en moins de temps à interagir avec ses amis et sa famille. Ses proches remarquent qu’il est souvent absent lors des conversations et préfère scroller sur son téléphone plutôt que de participer aux activités sociales.
«Ça prend souvent beaucoup de temps et il est souvent indécis puisqu’il est toujours sur son cellulaire. Je dois toujours prendre les décisions ou sinon, lorsque nous avons des tâches à faire à la maison, il est sur son téléphone donc souvent elles ne sont pas faites», s’exclame sa copine Coralie Ledoux. Elle en a marre de sa dépendance.
La mère de William, Julie Poirier, doit imposer du temps limite à William pour qu’il décroche de son écran. «Pour limiter son temps d’écran, c’est sûr qu’il va falloir que j’impose des heures, soit du temps limite ou des moments plus clés où ça serait correcte qu’il utilise son appareil, pour essayer de mieux l’encadrer.»
