Patrice Savoie, directeur général adjoint du Musée national des beaux-arts du Québec, allie gestion et passion pour la culture. Sa vision stratégique et son engagement visent à rendre l’art plus accessible, malgré les défis financiers.
Par Élisabeth Nadeau | Arts, lettres et communication
Le comptable professionnel agréé Patrice Savoie incarne un leader administratif qui place la mission culturelle au cœur de ses actions. Détenteur d’un baccalauréat en administration des affaires et d’un certificat en comptabilité de management, il cumule plus de 16 ans d’expérience en gestion financière et en ressources humaines.
Le directeur adjoint se dit ébranlé par le retrait de la subvention accordée aux musées nationaux d’État. Cette décision représente une invitation à l’innovation pour lui. «Ça nous appelle vraiment à nous réinventer, à revoir nos façons de faire et à réfléchir à la manière d’optimiser le budget pour offrir encore et toujours plus d’expositions de qualité», explique-t-il. Fort de son expertise, il souhaite contribuer à préserver la culture en misant sur une gestion audacieuse et durable.
VIRAGE VERS LA CULTURE
Patrice explore plusieurs domaines au cégep. Il débute en sciences naturelles, poursuit en sciences humaines, puis choisit finalement la comptabilité. Il rejoint l’équipe des Violons du Roy en 2017. En devenant directeur des finances et de l’administration, il ressent un véritable déclic. «Ce n’était pas juste des chiffres dans des colonnes, ça allait plus loin», dit-il. Au MNBAQ, il supervise les neuf départements du musée. Il veille à l’harmonisation des orientations et à la cohérence des décisions stratégiques.
La musique, le théâtre, le cinéma et les arts visuels occupent une grande place dans la vie de Patrice. Il combine ses compétences professionnelles à ses passions. «J’adore voyager et vivre des expériences enrichissantes», dit-il.
Il construit des legos pendant ses temps libres, joue à des jeux vidéo et suit de près le football. Il fait aussi du jogging pour se ressourcer. Père de deux enfants de 8 et 10 ans, il leur transmet son amour pour la culture. Il croit que la culture forme des citoyens plus sensibles et plus ouverts.
UNE ÉQUIPE FONDÉE SUR LA COMPLÉMENTARITÉ
Mélanie St-Laurent occupe le poste d’adjointe à la direction générale depuis deux ans. Travailler avec Patrice Savoie représente une expérience stimulante et humaine. Leur collaboration repose sur un principe clair. Chacun mise sur la complémentarité des forces et des faiblesses, autant dans leur duo qu’au sein de l’équipe.
Patrice se distingue par son dévouement, sa capacité de travail et son engagement constant envers la mission du musée, selon Mélanie. Elle admire particulièrement sa vision stratégique et son habileté à anticiper les enjeux. «Il a une capacité à voir venir les choses. Les chiffres, pour lui, c’est comme un langage», dit-elle.
Mélanie apprécie leur complicité professionnelle, nourrie par la confiance et les échanges quotidiens, qui vont parfois de discussions sur leurs enfants à des réflexions budgétaires complexes. Elle souligne la créativité de Patrice pour trouver des solutions aux contraintes financières ou politiques et ajoute qu’ils se complètent bien. «Parfois, j’apporte une vision extérieure, il structure le tout, précise-t-elle. On forme une équipe solide.»
VISION TOURNÉE VERS L’AVENIR
Patrice Savoie se projette dans l’avenir du Musée national des beaux-arts du Québec. Il travaille sur des projets majeurs comme l’ouverture du centre d’éducation par les arts en 2027 et l’Espace Riopelle en 2028. Ces initiatives visent à démocratiser la culture, à la rendre accessible et à faire du musée un lieu vivant, inclusif et ancré dans sa communauté. Patrice souhaite créer un héritage durable, qui perdurera bien après son passage. «Présentement, je suis vraiment au bon endroit», confie-t-il.
Marie-Claude Dion, pionnière de la muséologie scientifique au Québec, partage pleinement la vision de Patrice. Biologiste et muséologue engagée, elle joue un rôle majeur dans l’élaboration des principes fondamentaux de la discipline, tout en mettant en place des stratégies de conservation préventive et en concevant divers programmes de médiation et d’exposition.
La culture est un bien commun, indissociable de la société, selon Marie-Claude Dion. «Elle culture doit être vivante, se nourrir des préoccupations de la société et la société doit se nourrir de la culture, précise-t-elle. La mission des musées est de jouer ce rôle en étant à l’écoute et en offrant des espaces de réflexion, de rencontre et de partage.»
Elle met en avant la nécessité d’assurer un accès universel à la culture, comme Patrice. L’objectif ne peut se concrétiser qu’avec un financement conséquent, afin que la culture puisse continuer à jouer son rôle essentiel. Solide, humain, engagé, Patrice Savoie représente l’un de ces gestionnaires pour qui la culture est un bien commun à défendre.
