Camille Gendron est une assistante de production sur les plateaux de tournage. Elle a travaillé sur des films comme Karate Kid: Legends, et même sur des séries, comme Fugueuse ou Alertes depuis six ans.
Par Félix Champigny | Arts, lettres et communication
Camille parle de cinéma avec le bonheur dans les yeux. Elle exerce son travail depuis maintenant six ans et elle aime chacun de ses projets.
Sa journée commence tôt le matin. Elle est la première arrivée sur le plateau. Le silence lui offre un sentiment de sérénité. Elle s’occupe de débarrer les locaux pour la figuration. Elle s’active rapidement pour enchaîner les tâches assurant le bon déroulement de la journée. Son rôle consiste à gérer le plateau.
«Je vais être là pour les demandes au plateau, dit-elle. Donc, s’il y a quelqu’un qui me demande des papiers absorbants, une poubelle de plus ou une tente, je vais être là pour savoir où les mettre. Selon les angles de caméra, je vais déjà savoir à peu près où elles vont pointer.»
Elle s’occupe aussi d’aider les autres départements en allant chercher des tapis pour couvrir les fils au sol, par exemple. «Ça a l’air niaiseux comme ça, mais ça peut faire un gros changement pour le plateau de tournage», affirme-t-elle.
PARCOURS COMBLÉ
Camille aspirait à travailler sur les plateaux de tournage depuis longtemps. Après un DEC en Arts, lettres et communication, Option Médias, à Terrebonne, elle termine ses études dans le programme de Technologie des médias et plateau de tournage au Collège O’Sullivan en 2019. Son souhait se réalise avec son premier court-métrage la même année. Elle est la première assistante réalisatrice sur Hébé. Ce petit film s’est réalisé au Studio Dickson à Montréal. Ce moment a lancé sa carrière.
Elle travaille maintenant sur des plateaux internationaux. «Mon parcours est quand même déjà comblé», dit-elle avec fierté. Elle a réalisé des projets comme To Catch a Killer ou Clouds.
Le tournage le plus marquant de son parcours est celui de The Last Frontier. «Ce que j’ai trouvé remarquable à tourner ça, c’est que, vu que j’étais dans la deuxième équipe de tournage, on faisait toutes les cascades», se rappelle-t-elle. Elle a vu des cascades allant d’une carcasse d’avion en feu à des combats d’hélicoptères. «J’ai bien aimé ça, affirme-t-elle. C’est vraiment cette partie du tournage qui va me marquer à vie.»
L’atmosphère de travail a elle aussi contribué à sa passion. Elle révèle combien les équipes de tournage sont «comme une famille». Son travail est aussi enrichi par la rencontre des acteurs. Elle a côtoyé de grandes vedettes hollywoodiennes, comme Jackie Chan, Ryan Reynolds ou Sabrina Carpenter.
La rencontre qu’elle a le plus appréciée est avec l’acteur québécois Olivier Gervais-Courchesne. «Il était tellement drôle avec moi, dit-elle, en riant. Il me fait des blagues à n’en plus finir. Il m’a attaché avec du ruban adhésif. Je suis allée lui faire la même blague après, mais avec son linge dans sa loge.»
BAISSE DE DÉCOUVRABILITÉ
Les productions québécoises sur lesquelles l’assistante de production a travaillé sont moins populaire qu’elles l’avaient été à l’époque où presque tout le monde au Québec était abonné au câble. «Ce qu’on fait en ce moment va se retrouver sur le câble, donc TVA, Radio-Canada ou Noovo», dit-elle, pour expliquer qu’elles n’auront pas une grande visibilité.
La coordonnatrice du développement commercial aux Solutions Média chez Radio-Canada, Frédéricke Guimont Buri, explique que le problème de découvrabilité existe aussi sur les plateformes de diffusion en continu ne mettant pas de l’avant d’emblée les contenus québécois en ne priorisant pas les applications québécoises telles qu’ICI TOU.TV, Télé-Québec, TVA+, illico+ ou Crave en français. «Il faut aller loin dans le menu des applications pour trouver nos contenus québécois», dit-elle.
La journaliste pour Radio-Canada Estrie, Marion Bérubé, ajoute que «les géants du streaming comme Netflix et Prime Vidéo vont d’abord et avant tout opter pour promouvoir des émissions qu’elles produisent, donc, majoritairement anglophones.»
Cela est un problème pouvant s’aggraver à travers les années, considérant les 85 % des Canadiens francophones de 18 à 34 ans ayant accès à une télévision connectée en 2024, d’après un sondage de l’Académie de la transformation numérique de l’Université Laval.
APPORTER DU DIVERTISSEMENT
Le plateau commence à se vider après une longue journée de 18 heures. Camille doit rester. Elle aide les figurants à ramasser et elle s’occupe de fermer la salle de figuration. «Souvent, sur Clouds, j’ai fait des 18 heures pendant 4 jours, dit-elle. Parfois, je faisais des 20 heures. C’est ça le plus difficile.»
Elle regarde le plateau vide pour une dernière fois avant d’être la dernière à le quitter. Elle retrouve son lit avec un sentiment d’accomplissement. «À la fin de la journée, tu as toujours l’impression que tu as fait quelque chose pour divertir», dit-elle, avec fierté.
