Entre ombres et lumières: la culture selon Brigitte Matte

Artiste non conventionnelle, Brigitte Matte crée sans intention, sous l’impulsion, la tête à off. Entouré de musique, elle plonge dans son univers. Avec des pinceaux larges, des spatules et même les doigts, elle peint couche sur couche.

Par Shanty Leduc | Arts, lettres et communication

Brigitte Matte est une femme talentueuse de 61 ans qui n’arrête pas une minute. Elle travaille dans le domaine de la culture depuis une trentaine d’années. Sa carrière a commencé comme gérante d’artiste, productrice, directrice artistique puis agente de spectacles. Elle a été gérante d’artiste pour plusieurs célébrités québécoises, dont Michel Rivard.

Elle est en fin de carrière, présentement, sur un dégradé de responsabilités. Elle s’occupe maintenant de deux artistes. Elle a commencé à consacrer son temps à la peinture, depuis 2015, et elle a fini par ouvrir sa propre galerie d’art à Montréal-Est. Elle a présenté plus de 15 vernissages ouverts au public, depuis son ouverture en 2022.

Brigitte mentionne qu’elle adore l’évènementiel «Ca me permet de créer le produit et aussi l’événement, dit-elle, mais c’est de la job de faire les deux, ça demande beaucoup, puis surtout que l’art visuel, il n’y a pas de subventions, il n’y a pas de budget, donc, c’est quand même prendre énormément de risques, mais c’est le fun.»

PHÉNOMÈNE DE LA CRISE

Brigitte est une artiste peintre qui subit énormément le manque de financement pour les artistes québécois. Elle a toujours rêvé de vivre de son art, mais la réalité est bien différente. Elle ne peut recevoir des subventions du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), malgré son talent et son dévouement.

«Moi, je suis une artiste en art visuel, mais de 61 ans, donc, c’est sûr que je ne suis pas une émergente, dit-elle, je n’ai pas le droit aux subventions en émergence. C’est très fermé comme domaine donc moi, je pense que ça prendrait plus d’ouverture en partant et plus d’argent», mentionne Brigitte.

Le taux d’acceptation des demandes de financement est incroyablement bas, malheureusement, laissant de nombreux artistes comme elle dans une situation précaire. Les fonds disponibles ne suffisent pas à soutenir tous ceux qui cherchent à faire avancer leur carrière artistique.

«Comme moi, je ne pourrais pas juste peindre, ce n’est pas assez, dit-elle, même si mon exposition a bien été, j’ai vendu, j’ai payé mes frais pour le travail d’un an et demi à faire la production, le projet et l’objet à vendre, ce n’était pas payant, là, vraiment pas», explique la peintre.

PERSPECTIVE D’AVENIR

Mario Girard, un journaliste de La Presse a répondu à une question intéressante dans son article récent: devrions-nous revoir le modèle financier québécois culturel? «Au Canada, et particulièrement au Québec, la vitalité de la culture passe par un financement public soutenu. Ce modèle est précieux et doit demeurer. La répartition de ce financement, cependant, est appelée à changer dans les années à venir.»

Le Québec aurait intérêt à regarder davantage les autres modèles, selon Mario Girard. Nos voisins, les Ontariens, s’en remettent plus que les québécois aux revenus liés à la billetterie, aux dons et aux commandites. Les organismes culturels québécois récoltent une part nettement plus élevée de leurs revenus du secteur public par rapport à l’Ontario.

Les artistes comme Brigitte ont souvent dû faire face à des défis pour obtenir les ressources nécessaires à la production et à la distribution de leurs œuvres. Les défis financiers auxquels sont confrontés les artistes comme Brigitte Matte, peuvent limiter la diversité et la richesse des offres culturelles disponibles pour le public.

L’ENGAGEMENT DE BRIGITTE : ENTRE PASSION ET RÉALITÉ

Andréanne Audet, la belle-fille de Brigitte Matte s’est exprimée sur le sujet en disant que «Brigitte c’est la meilleure belle-mère et c’est un artiste que je respecte beaucoup, dit-elle, je trouve ça dommage que les artistes québécois n’ont pas le financement nécessaire et qu’ils doivent travailler très fort pour peu en retour.»

Brigitte aspire à un avenir ou les artistes seraient mieux soutenus par des institutions qui reconnaissent la valeur de la création artistique. Elle rêve d’un système qui permettrait aux artistes de vivre de leur passion sans avoir à sacrifier leur temps et leur créativité.

Le portrait de Brigitte est une histoire qui démontre et partage la lutte de nombreux artistes québécois, qui, malgré les obstacles financiers, continuent de créer et de contribuer à la richesse culturelle du Québec.

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