Maïka Allepot, une basketteuse motivée 

Maïka Allepot, une athlète universitaire passionnée de basketball depuis l’âge de huit ans, évolue aujourd’hui chez les Citadins de l’UQAM.  

Par Marie-Ève Bordeleau | Arts, lettres et communication 

À l’intérieur du Centre sportif de l’UQAM, Maïka Allepot, basketteuse et étudiante en administration marketing, s’entraîne chaque semaine. Elle trouve son équilibre dans une routine bien établie. Ses matins débutent toujours par un café du Starbucks, suivi de ses habituelles toasts à l’avocat.  

Elle aime que chaque journée commence de la même façon. Elle écoute de la musique douce pour entrer dans sa bulle et rester concentrée avant les parties. «C’est quand je suis calme que je suis le plus à mon affaire», confie-t-elle. Elle rejoint ensuite ses coéquipières pour se motiver avant d’embarquer sur le terrain.  

GRANDIR DANS LE SPORT  

Maïka progresse dans le monde du sport depuis son enfance, enchaînant le basketball, le rugby, le flag football et le volleyball. Elle attribue une grande partie de son cheminement à l’influence de son père, qui l’a entraînée pendant de nombreuses années. «Mon père a toujours été dans le basket. C’est vraiment lui qui m’a motivée à commencer ce sport. Puis, il m’a suivie pendant tout mon parcours», explique Maïka.   

Elle affirme avec fierté avoir participé aux Jeux du Québec en 2014, ainsi qu’à Team Québec en arts et en gymnastique en 2018. Ce n’est qu’au niveau collégial que Maïka décide d’arrêter les autres disciplines pour se consacrer pleinement au basketball. «Maïka est dévouée et a un bon esprit d’équipe. Elle est toujours présente pour les joueuses», témoigne sa coéquipière de basketball chez les Citadins, Érika Bégin.  

OBSTACLES DANS L’ÉVOLUTION DU SPORT FÉMININ 

L’athlète de 22 ans doit composer avec un quotidien chargé, où il est difficile de développer son plein potentiel dans son sport. «C’est très compliqué pour moi de lier travail, études et sport ensemble, parce que malheureusement, on n’a pas de ligue au Québec de basketball féminin qui est au minimum payé.» 

Pour Maïka, l’inégalité est flagrante. Son frère, joueur de hockey, a connu un parcours bien différent du sien. Un parcours qu’elle qualifie de «plus facile», en raison d’une meilleure visibilité, d’un accès élargi aux opportunités et à des structures plus solidement établies. «Lui, il a été payé pour jouer dans la LHJMQ, souligne-t-elle. Voir mon frère évoluer dans une ligue payante, je trouve ça difficile.»  

La jeune femme s’est longtemps donné pour objectif d’intégrer une équipe universitaire. «Au niveau basket, honnêtement, mes aspirations, ça a toujours été de jouer au niveau universitaire parce que, malheureusement, après il n’y a plus tant de choses à faire.» La fin de ses études approche et elle constate que les opportunités d’une carrière dans une équipe féminine se font rares et limités. 

VISIBILITÉ ENCORE TROP MARGINALE 

«C’est sûr qu’on ne parle pas beaucoup à la base des joueuses féminines, déplore Maïka. Ça a commencé à être un peu plus évolutif l’année dernière, et cette année au basket, par exemple avec Caitlin Clark, qui est un gros emblème du basketball féminin, ou la PWHL du hockey, où ça évolue un peu plus, dit-elle. Mais je pense que les gens s’intéressent moins au sport féminin.»  

Elle le constate surtout lors des parties. «À nos matchs, il y a beaucoup moins de personnes et moins d’ambiance. On a eu une saison un peu plus difficile, donc j’ai espoir que ça reviendra, mais on ne va pas se mentir qu’il y a toujours plus de monde aux gars et que ça crie toujours plus fort.» 

Un déséquilibre que le journaliste et analyste sportif pour Radio-Canada, Martin Leclerc, explique par un important retard historique. À ses yeux, ce n’est pas principalement aux médias de combler l’écart, mais au développement du sport féminin lui-même. Il doit se structurer et générer de l’intérêt public.  

«Si Caitlin Clark attire plus de téléspectateurs que les Lakers de Los Angeles, vous la verrez plus souvent que les Lakers à la télé, affirme-t-il. Éventuellement, la valeur des contrats de télé finira par refléter cette valeur. Ce jour finira par arriver, j’en suis certain.» 

AMBITIONS POUR L’AVENIR 

Si le basketball occupe une grande place dans sa vie, Maïka Allepot ne mise pas tout sur une carrière sportive. Elle rêve un jour de lancer sa propre entreprise d’événementiel. «Mon but, après mes années universitaires, c’est de retourner dans mon pays d’origine, qui est la Côte d’Ivoire, pour aller faire un stage là-bas pendant soit une année complète ou une session.» 

Un dernier objectif habite Maïka avant de clore ses études à l’UQAM. «J’ai assez eu d’exploits que je suis contente, déclare-t-elle avec le sourire. Il me reste juste à gagner le championnat avec mon équipe des Citadins.» 

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