Julie Mailloux transforme des vies un mot à la fois

L’enseignante en soutien linguistique et francisation Julie Mailloux parcourt les écoles primaires et secondaires pour améliorer considérablement l’existence des nouveaux arrivants.

Par Maëna Monclus | Arts, lettres et communication

«Je suis rendue à ce que je voulais, confie Julie Mailloux. Je voulais avoir un impact significatif sur des enfants. Puis là, le un à un, c’est fantastique parce que je le vois que je peux les faire progresser.»

Julie est une enseignante dévouée au français depuis plus de vingt ans. Celle-ci étudie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) en enseignement du français langue maternelle. Elle débute sa carrière en français langue seconde en 2002 dans le milieu anglophone, motivée par le désir de contribuer là où son aide est la plus nécessaire. L’amoureuse du français s’est réorientée avec enthousiasme vers le soutien linguistique et la francisation cette année.

L’enseignante passionnée s’est donné une mission touchante auprès de ses élèves. «Je veux que les enfants aient confiance en eux, qu’ils sentent qu’ils sont capables, affirme-t-elle. J’ai toujours voulu leur montrer que je croyais en eux.»

Les élèves progressent en français grâce à la phénoménale expertise de Julie, mais s’épanouissent aussi bien au-delà. «Elle fait des miracles par rapport à leur bien-être et à leur estime d’eux, exprime l’enseignante en quatrième année du primaire, Isabelle Potherat. Elle vient vraiment les prendre individuellement, c’est comme un petit moment cocon.»

SERVICE NÉCESSAIRE

Julie se désole du manque d’accès à la francisation pour tous les nouveaux arrivants au Québec. «Ils attendent après la francisation pour s’insérer dans le marché du travail, explique-t-elle. On s’attend à ce qu’ils s’intègrent bien à la société, mais pour ça, il faut être au travail.»

Le nombre d’élèves en francisation a doublé de 2018 à 2023, pour atteindre 68 000 personnes, selon le commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil. Celui-ci relève un problème dans son rapport annuel 2023-2024. L’unique point d’accès gouvernemental pour les services d’apprentissage du français, Francisation Québec, n’arrive toujours pas à remplir son objectif de traiter 80 % des demandes à temps complet dans un délai de 50 jours.

«À partir du moment où l’on sait qu’on a besoin de l’immigration au Québec, il faut que le service soit là», croit Julie.

DESTINÉE À L’ENSEIGNEMENT

La mordue de français a suivi sa vocation en choisissant l’enseignement. Elle parle de son métier avec des étoiles dans les yeux. «Je finis mes journées immensément heureuse […], je suis fière, fière des enfants, exprime Julie. J’ai trouvé ma voie.»

«C’est une personne douce, ouverte, accueillante, avec qui on a une belle facilité d’échange et, clairement, la passion pour son métier la transperce», dit Isabelle Potherat.

Un élève de Julie, Anis Massout, termine le primaire cette année. La professionnelle l’aide à perfectionner son français avec bienveillance depuis son arrivée d’Algérie. Leurs séances lui apportent bien plus que des connaissances, mais une clé inestimable pour s’intégrer. «C’est bien de travailler avec Julie, j’apprends des choses, dit-il. Je la trouve énergique, sympathique et cool

Julie est ravie que son aide porte ses fruits. «C’est beau de sentir que tu as fait une différence, révèle-t-elle. C’est pour eux que je fais ça

AU-DELÀ DE L’ÉCOLE

L’enseignante sort parfois du cadre scolaire afin de soutenir ses élèves dans leur vie personnelle.

«J’avais une élève qui venait juste d’arriver de l’île Maurice, raconte-t-elle. Elle voulait aller à New York, mais ça prenait un visa. Je suis allée chez elle un samedi après-midi pour remplir les papiers du visa.»

Julie a aussi pris un élève dyslexique sous son aile. La mère du garçon était démunie devant son incapacité à réussir son cours de français. L’enseignante dévouée a alors décidé d’offrir son soutien pour guider l’enfant dans son cheminement.

«Je vais au Mont-Tremblant pendant quatre jours avec mes enfants, rapporte Julie en se rappelant de sa conversation. Je vais l’amener avec moi. Ce sera quatre jours de français intensifs parce que je te garantis qu’il est capable de le faire.» Il a ensuite été en mesure de passer en quatrième secondaire grâce à la générosité de son enseignante en francisation.

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