Andréanne Audet rêve de devenir productrice télé, mais la chute de popularité de la câblodiffusion la remet en gestion.
Par Camille Côté | Arts, lettres et communication
Elle s’occupe des budgets comme directrice des finances chez Production Casablanca, et s’assure du bon déroulement des dépenses de plateau sur les tournages. Andréanne Audet observe dans les bilans de fin d’année de la baisse de financement des productions québécoises et la baisse flagrante des cotes d’écoute des câblodiffuseurs qui présentent leurs séries.
«C’est cruel de voir comment le financement baisse chaque année à cause du manque de Québécois qui écoutent nos séries d’ici, dit Andréanne. La câblodiffusion était notre point fort et maintenant, il est en déclin, dit-elle. Ça me brise le cœur.»
Casablanca cherche à concurrencer les produits américains, toujours à la recherche de nouvelles idées de productions. Elles essaient de faire du contenue plus diversifié afin d’aller chercher plusieurs Québécois, en particulier les 18 à 25 ans, qui sont l’auditoire qui manque à l’appel quand vient l’heure d’écouter du contenu québécois.
LA PERSONNE DERRIÈRE LA CAMÉRA
Andréanne Audet a eu la piqure pour le monde de la production télévisuelle du Québec, après avoir commencé sa carrière dans la boite Encore. Après avoir travaillé avec de nombreux grands noms de l’industrie télévisuelle, tel que Julie Le Breton, Patrice Robitaille et Karine Vanasse, elle apprend le métier en avant et derrière la caméra par l’humoriste et comédien, Martin Matte.
Elle se déplace alors sur les plateaux de tournage des Beaux Malaises afin de voir le terrain en vrai. Elle s’imagine pratiquer le métier de productrice à force de fréquenter les plateaux de tournage, ce qui est un bel entre-deux entre son métier actuel de directrice des finances et la supervision des tournages.
Andréanne décide alors de quitter la boite de production Encore, persévérante et motivée, afin de réaliser son rêve. Elle passe par les deux boites de production Sphère Média et Raynault VFX afin de trouver sa place dans la compagnie et grandir.
Elle finit par atterrir chez Production Casablanca où une carrière de productrice s’offre à elle après quatre ans passer à observer le travail de Joanne Forgues, la productrice en chef. Elle commence à lui déléguer du travail afin qu’elle prenne ses marques.
Malgré les nombreuses années qui séparent son départ de la boite de production Encore et son embauche chez Production Casablanca, Martin Matte continue de prendre de ses nouvelles et de l’encourager dans sa quête de productrice!
UN MÉTIER AVEC DES DIFFICULTÉS
Sa collègue Marie-Ève Leroux se sent préoccupée par le futur des productions québécoises. «Pour travailler dans le milieu culturel, je trouve ça triste parce que ce sont les plateformes qui sont de base, dit-elle. Cependant, je comprends parce que ça coûte tellement cher.»
Une autre de ses collègues, Martine Blackburn, aborde dans le même sens. «Je trouve ça triste que les gens se désabonnent du câble parce qu’il y a d’autres options, dit-elle. Il y a d’autres chaînes aussi, mais parce que c’est exactement le problème, on en arrache vraiment en production.»
Andréanne veut continuer à rêver d’être productrice malgré les signaux d’alarme de ses collègues, et veut trouver de nouvelles idées de concept afin de remettre notre culture dans nos télévisions!
