Mélanie Tancrède: amour des mots et des étudiants 

Mélanie Tancrède, enseignante de littérature depuis 2008 au Cégep à Terrebonne et tutrice de français, est passionnée du contact qu’elle entretient avec ses étudiants et est une touche-à-tout: lecture, voyages et course à pied ne sont que trois intérêts parmi bien d’autres. 

Par Yasmine Charyoun | Arts, lettres et communication 

Mélanie Tancrède est tombée sous le charme du lien qu’elle crée avec ses étudiants en enseignant la littérature depuis plus de 15 ans au Cégep à Terrebonne. «De façon générale, j’aime vraiment vous côtoyer session après session, affirme-t-elle. Je grandis beaucoup de ça.» 

Elle a complété sa maîtrise en littérature en 2003. Sa première expérience en enseignement a eu lieu dans une école secondaire juive orthodoxe. «J’ai vraiment aimé ça à un point tel que j’ai commencé à m’informer pour savoir comment je pourrais obtenir mon brevet d’enseignement pour le secondaire», dit-elle. 

Elle persévère dans son parcours en étant embauchée en tant qu’enseignante de littérature au cégep lorsqu’elle a réalisé qu’elle était amoureuse de ce métier. «Ça m’a confirmé aussi que j’aimais vraiment l’enseignement», ajoute-t-elle. 

Elle ne se lasse pas de donner vie à la littérature dans la routine de ses étudiants en corrigeant leurs évaluations et en les accompagnant lors de séances de tutorat au centre d’aide en français au cégep. «Découvrir mon équipe, découvrir les étudiants, les rencontrer, c’était vraiment comme un coup de foudre total», avoue-t-elle, les larmes aux yeux. 

Le parcours professionnel de Mélanie Tancrède ne résume pas seulement à donner des cours. Accompagner ses étudiants dans leurs projets est l’une de ses sources de bonheur. «J’ai eu la chance, en 2015 et en 2016, d’accompagner des étudiants pour représenter le Cégep de Terrebonne au Goncourt des Lycéens qui est un prix littéraire décerné chaque année.» Elle est partie à l’aventure avec six de ses étudiants à Paris afin de participer aux délibérations organisées par l’événement, audacieuse comme elle l’est. 

PAS QUE DE LA LITTÉRATURE 

«Je ne pense pas qu’il y ait un rapport avec la culture, mais on a participé à quelques reprises au Grand défi Pierre Lavoie, ici, au Cégep à Terrebonne» ajoute-t-elle. Elle adore impliquer ses étudiants dans sa passion pour la course à pied. Elle a réalisé le défi de partir de Québec en 2018, puis de faire une course à relais pendant une fin de semaine jusqu’à Montréal avec un groupe d’étudiants. Courir un marathon un dimanche matin fait son bonheur. «Je fatigue mes étudiants avec ça. Je n’arrête pas de faire des métaphores entre la littérature et le sport, dit-elle. J’adore courir.» 

Mélanie Tancrède a une passion pour le voyage, pas seulement pour la course, la randonnée, le vélo et le ski de fond. Elle a énormément plané en avion lorsqu’elle avait l’âge de ses étudiants. «Je pense qu’il y a des valeurs dont j’ai fait l’acquisition à cette époque-là qui sont encore les miennes aujourd’hui.» L’enthousiaste enseignante a principalement été formée par les centaines de livres qu’elle a lus, mais également par les voyages qu’elle a réalisés. 

OBSTACLES ARDUS, MAIS ENRICHISSANTS 

La baisse du taux de réussite global à l’épreuve uniforme de français (EUF) des cégépiens la préoccupe depuis les dernières années. «J’ai toujours eu de la difficulté en français, principalement avec les fautes d’orthographe», explique l’une des élèves tutorées par Mélanie au Centre d’aide en français du cégep, Justine Lalancette,. 

La professeure remarque que le manque d’intérêt des étudiants est la source première du taux d’échec. «Il n’y a rien de pire que des étudiants qui ne nous écoutent pas, qui ne sont pas intéressés par ce que l’on dit», remarque-t-elle. 

L’un de ses collègues de travail au Cégep à Terrebonne, Jean-François Audet, est tout autant préoccupé par la situation. «Je pense que la principale cause des échecs à cette épreuve sont les lacunes des étudiants en français écrit.» 

L’enseignante parvient toujours à offrir une aide extraordinaire aux étudiants qui ont de la difficulté à obtenir la mention «Réussite» à l’EUF. Elle est plus qu’heureuse de les voir s’améliorer après avoir mis en place de multiples solutions au sein de son département pour soutenir les étudiants telles que l’instauration du double seuil de réussite, le tutorat personnalisé, une nouvelle grille de correction et des activités culturelles de poésie. 

Accompagner ses étudiants est la raison de son sourire. «C’est beau de vous voir aller, d’essayer de réussir vos études avec vos projets.» Enseigner et aider ses groupes de classe est bien plus qu’une simple passion malgré toutes les lacunes. «C’est vraiment ce qu’il y a de plus gratifiant pour moi.» 

YouTube Facebook Infolettre