Philippe Falardeau à Terrebonne pour discuter de son film A Good Lie

Philippe Falardeau a discuté le 20 mars de son film A Good Lie avec la communauté collégiale du Cégep à Terrebonne, qui s’apprête à accueillir un deuxième étudiant réfugié à l’automne.

Par Zackary Paré

Il y a deux ans, le comité pour le parrainage d’un étudiant réfugié au Cégep à Terrebonne effectuait son premier parrainage avec succès en accueillant un jeune congolais réfugié en Ouganda. Aujourd’hui, l’étudiant prodige étudie en développement international à l’Université McGill. Le but premier du comité est de donner à quelqu’un la chance d’avoir espoir en l’avenir. À l’automne 2023, le comité accueillera un deuxième étudiant, Richard, originaire du Burundi, réfugié au Malawi. L’argent amassé par les activités et les levées de fond du comité servira à assurer les dépenses liées à la scolarisation, au logement et aux besoins de bases pendant 12 mois. C’est dans le but de sensibiliser la communauté collégiale au choc culturel vécu par un réfugié que le film The Good Lie réalisé par Philippe Falardeau a été projeté le 20 mars dernier au café étudiant. Le film met en scène l’histoire d’une famille soudanaise confrontée à la guerre, au camp de réfugiés et, à leur arrivée en Amérique, au choc culturel. Après la projection, les spectateurs avaient la chance d’assister à une conférence avec le réalisateur.

Après ses études en sciences politiques et relations internationales, Philippe Falardeau se lance dans l’édition 92-93 de La Course destination monde. En 1995, il œuvre sur le tournage du documentaire Attendre de Marie-Claude Harvey qui porte sur la situation des Dinkas, un peuple vivant au sud du Soudan. En 1997, il réalise Pâté chinois, un moyen métrage sur l’immigration chinoise au Canada. Depuis, la plupart de ses réalisations traitent des enjeux et des thèmes migratoires (Congorama, M. Lazhar et,récemment pour la télé, Le temps des framboises). The Good Lie (2014), le film présenté aux étudiants du cégep de Lanaudière à Terrebonne, raconte l’histoire de quatre réfugiés soudanais confrontés au mode de vie américain. Après avoir vécu treize ans dans un camp, Mamere, Jeremiah, Paul et Abital reçoivent leur visa pour les États-Unis. Arrivés dans le Missouri, ils font la rencontre de Carrie, une travailleuse sociale chargée d’aider le trio soudanais à intégrer la société et le marché du travail. Rapidement, ils seront confrontés à un choc culturel, au climat américain et à la mentalité individualiste des États-Unis.

La conférence s’est très bien déroulée et a été enrichissante pour ceux qui ont eu la chance d’y assister. Chaque question des spectateurs était très pertinente et les réponses du réalisateur leur a permis d’apprendre qu’il s’était entre autres déplacé en Afrique pour faire des auditions dans des salles de bingo et des sous-sols d’église parce qu’il lui semblait impossible d’engager des acteurs américains pour jouer des réfugiés. Pour lui certains tournages ont été déstabilisants. Par exemple, les acteurs africains avaient tendance à chanter. C’était leur façon de créer une cohésion sociale. Il a aussi expliqué qu’une fois dans l’appartement aux États-Unis, les trois acteurs qui jouaient les frères soudanais ne trouvaient aucune signification à dormir dans un lit. Ils ont donc installé des matelas dans le salon pour mieux illustrer l’union. Il fallait aussi mettre en scène le fait que de tirer la chasse d’eau des toilettes était pour eux un gaspillage d’eau potable. Pour le tournage, il y a seulement une journée où le film a été filmé dans un camp de réfugiés. Les scènes extérieures ont été en partie filmées au Kenya, tandis que les scènes à l’intérieur étaient filmées à Atlanta. La plupart des animaux, comme les guépards menaçants, étaient vrais, ce qui a occasionné des anecdotes de tournage divertissantes. En plus d’être appréciées, la projection du film et la conférence ont atteint leur but : sensibiliser la communauté collégiale au choc culturel d’un réfugié.

D’ici le début de la prochaine session, le comité pour le parrainage d’un étudiant réfugié continue de se mobiliser afin que Richard soit bien accueil et que comme Plem, il puisse réaliser de belles choses. C’est grâce aux dons de toutes les personnes bien intentionnées que de tels projets peuvent avoir lieu dans un cégep. La conférence de Philippe Falardeau a été un événement clé pour présenter la réalité des réfugiés et d’annoncer le nom de l’étudiant réfugié qui sera accueilli en août prochain. Afin de contribuer à ce beau projet, le réalisateur a d’ailleurs offert sa conférence gratuitement. Dans ce genre de projet, ce sont les petits gestes de chacun qui finissent par faire une grande différence.