Mélanie Arsenault est devenue gestionnaire et propriétaire de sa première ressource intermédiaire jeunesse à Le Gardeur, à seulement 25 ans. La femme remplie d’ambition a une mission bien précise, en ce moment: aider les jeunes à atteindre leur plein potentiel.
Par Delphine Bolduc | Arts, lettres et communication
Il a été difficile pour Mélanie, au début, d’être prise au sérieux, en tant que femme. «Quand je m’assoyais à des tables, tous les directeurs étaient des hommes, j’étais la petite fille de 25 ans, dit-elle. On ne me donnait aucune crédibilité. Quand je donnais mes idées, c’était difficile à faire valoir.»
Elle avoue qu’elle n’avait pas la même expérience qu’elle a maintenant, cela pesait énormément dans la balance. Elle ne voit cependant plus la différence entre les hommes et les femmes aujourd’hui. Elle est capable de faire valoir ses points et les femmes sont bien représentées.
IMMENSE DÉVOUEMENT
Cette femme a commencé à travailler en tant qu’éducatrice spécialisée pour le gouvernement. Un jour, elle s’est vu proposer de travailler au privé, elle a alors pris une décision. «Étant donné que je n’avais pas d’engagement, pas d’enfants et pas de grandes responsabilités, j’ai choisi d’aller au privé, confie-t-elle. J’ai choisi mon cœur finalement.»
Mélanie travaille sans relâche et fait tout pour parvenir à ses fins. Elle est toujours disposée à travailler, 24 heures sur 24, elle ne lâche jamais son téléphone en cas de problème.
Plusieurs témoignent de son dévouement au travail, dont une de ses amies d’enfance, Julie Lapierre. «Mélanie est très fonceuse, quand elle veut quelque chose, elle l’obtient, peu importe ce que c’est, avoue-t-elle. Elle est super travaillante.»
DIFFÉRENCE ET IMPACT IMPORTANT
Cette femme possède deux centres pour jeunes: un pour filles à Joliette, le Phénix et un pour garçons à Le Gardeur, le Versant. Ses collègues et elle ont des objectifs bien précis: aider les jeunes à se développer au maximum de leurs capacités.
Les jeunes là-bas ont des besoins spéciaux. Ils ne sont pas à la même place cognitivement et émotionnellement que les autres. Ils ont aussi parfois des diagnostics particuliers. Les critères de réussite ne sont donc pas les mêmes pour tous.
Mélanie se confie sur la réussite de réinsertion sociale de ses jeunes. Elle peut avoir un jeune qui s’en va vivre en appartement avec un chèque d’aide sociale, mais elle sait qu’il va être autonome, organisé et qu’il va bien vivre. «Pour moi, juste le fait qu’il puisse être autonome est une réussite, je suis super fière», dit-elle.
Mélanie dit aussi souvent qu’elle sème des graines chez les jeunes. Un jour elles vont éclore, ce sera peut-être à 17 ans comme à 25 ans, mais un jour ils réussiront et se rappelleront ce qu’ils ont appris. À ce moment-là, les jeunes auront réussi.
