Entre foi et accompagnement

Matthieu Giguère est pasteur principal de l’Église La Cité Mascouche depuis plus de deux décennies. Père de quatre filles, marié depuis 2002, il se définit d’abord comme un homme avant de se définir comme un homme de Dieu. Sa mission: aider les gens à trouver leurs propres réponses, pas leur en imposer.

Par Nathan Popescu | Arts, lettres et communication

Matthieu Giguère ne se présente pas comme un guide spirituel infaillible. «Je suis premièrement un homme, un être humain. Je suis quelqu’un qui, moi aussi, a besoin d’être accompagné», dit-il.

Il dirige l’Église La Cité à Mascouche, située sur le chemin des Anglais sur la Rive-Nord de Montréal. Il accompagne chaque jour des personnes perdues, en deuil ou en quête de sens.

Pour lui, le rôle du pasteur n’est pas de dicter des réponses, mais d’aider chacun à trouver les siennes. «J’aimerais qu’ils puissent, eux, trouver les réponses à leurs questions», précise-t-il.

DÉTOUR PAR L’HISTOIRE

Matthieu Giguère voulait devenir professeur d’histoire avant de devenir pasteur. Il finit son cégep en sciences humaines et amorce un baccalauréat en histoire à l’UQAM. L’Église lui propose d’accompagner des jeunes adolescents. Il accepte et change de direction à la fin de son parcours scolaire.

Il entreprend alors des études en théologie et poursuit aujourd’hui une maîtrise dans ce domaine. Ce changement de trajectoire marque un tournant important dans sa vie et confirme son désir d’aider les autres.

VOCATION EXIGEANTE

Être pasteur dépasse le cadre d’un emploi pour Matthieu Giguère. «Le ministère de pasteur, c’est une vocation plutôt qu’un métier», explique-t-il. Cette réalité rend difficile la séparation entre vie personnelle et vie professionnelle. Sa famille, ses amis et son travail se croisent souvent dans le même environnement.

Il doit donc volontairement créer des moments pour lui-même. Il accorde du temps à sa famille, à la lecture et à sa relation avec Dieu. «J’ai besoin de temps personnels […] pour du repos, pour de la méditation», précise-t-il. Matthieu Giguère traverse une période difficile, à la fin de l’adolescence.

Il vit des questionnements profonds et fait face à une maladie importante. «La vie était pénible», dit-il. Il reconnaît aussi avoir fait des choix qu’il regrette. Avec le recul, il voit cette période autrement. «C’était un passage obligé pour devenir l’homme que je suis aujourd’hui», affirme-t-il.

Cette expérience influence aujourd’hui sa manière de comprendre et d’aider les autres. David Fortin, membre et employé de l’église, décrit son pasteur comme un leader humain. «Il laisse beaucoup de place à commettre des erreurs», dit-il.

Cette approche crée un climat de confiance et reflète les valeurs qu’il cherche à transmettre.

YouTube Facebook Infolettre