Les journalistes victimes de cyberintimidation

De nombreux professionnels des médias subissent du harcèlement en ligne, chaque jour. Ce phénomène est en constante augmentation depuis les deux dernières années au Québec, notamment en raison de la pandémie. 

Par Clodie Downing | Arts, lettres et communication

Plus de 50 % des journalistes harcelés en ligne, selon un rapport de recherche effectué par Ipsos, croient que la COVID-19 et les différentes positions sur la vaccination ont contribué au harcèlement reçu. 

Ces actes de violence et d’intimidation envers le personnel médiatique discréditent la motivation et la valeur du travail journalistique. C’est ce que soulève le journaliste à La Presse, Tristan Péloquin. «Dans certains cas, on n’a pas envie de s’attaquer à un certain type de sujet sachant qu’il va y avoir ce genre de réaction de l’autre côté, dit-il. À force de couvrir un sujet où il y a toujours une réaction de cyberintimidation, ça fait en sorte qu’on veut délaisser ces sujets-là.»

DONALD TRUMP

Les journalistes sont de plus en plus ciblés en raison des sujets qu’ils traitent et de l’angle adopté dans leurs reportages. Seulement le quart des citoyens juge que les journalistes sont dignes de confiance, selon le sondage d’Ipsos.

Le passage au pouvoir du président des États-Unis, Donald Trump, a largement légitimé ce genre de discours à l’égard des journalistes, déclare la journaliste à La Presse Mélanie Marquis. «Je pense que Donald Trump en déclarant les fake news et les médias ennemis du peuple a déclenché quelque chose qui maintenant est rampant, dit-elle. Les gens ont une hargne des médias et ils sont extrêmement sceptiques et extrêmement méfiants par rapport aux médias traditionnels.»

Les citoyens deviennent irrités par ces mauvaises nouvelles et par la peur qu’engendre cette pandémie, affirme Mélanie Marquis. «La pandémie n’a pas aidé, les gens étaient frustrés et ne savaient pas où déverser leur mécontentement», dit-elle. 

L’éducation aux médias pourrait contribuer à faire diminuer la cyberintimidation. C’est ce que croit la présidente de l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ), Gabrielle Brassard-Lecours. «Il faut redoubler d’efforts pour regagner la confiance des gens, dit-elle. Moi, je pense qu’il devrait y avoir des cours d’éducation aux médias dès le primaire pour expliquer aux jeunes comment fonctionnent les médias et comment travaillent les journalistes.»

DÉNONCER

Ipsos dévoile qu’un journaliste sur trois envisage de quitter la profession à cause du harcèlement reçu. La vice-présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Marie-Ève Martel, invite les journalistes à faire des plaintes et à dénoncer à la police si nécessaire. «Il faut prendre ça au sérieux, dit-elle. Il y a des cas où les gens auraient dû porter plainte et ils ne l’ont pas fait.»

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