Islande: il était une fois, la Terre

Le collaborateur de Ô Courant, Kevin Philibert, a présenté en mars dans le hall d’entrée du cégep une exposition de photographies à la suite d’un voyage en Islande à l’été 2018. Il offre ici la version virtuelle de ses œuvres magnifiques.

Pour lire à propos de sa démarche, c’est ICI.

Aujourd’hui encore, les volcans continuent de sculpter nos paysages. Ils nous permettent de voir ce qu’était notre Terre à sa naissance. Mais d’où venons-nous? Les formes de vies primitives proviennent des sources chaudes du globe. Ce sont elles qui donnent cette couleur. On les nomme les archéobactéries. Toutes se nourrissent de la chaleur de la terre, sauf une, la cyanobactérie ou algue bleu vert. Elle seule a la capacité de se tourner vers la lumière du soleil pour capter son énergie, elle est l’un des ancêtres majeurs de toutes les espèces de plantes d’hier et d’aujourd’hui. Cette toute petite plante et ses milliards de descendants vont changer le destin de notre planète.

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Ces fumées, issues des entrailles de la Terre, sont les traces des atmosphères des origines. Une atmosphère dépourvue d’oxygène, épaisse, pleine de carbone, chargée de vapeur d’eau, une fournaise. Ici, ce sont les Kerlingarfjöll, partie de la zone des fissures de la dorsale atlantique qui traverse l’Islande du sud-est au nord-ouest et appartient à un système volcanique d’une surface de 100 km2.

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Et puis, la Terre s’est refroidie. La vapeur d’eau s’est condensée pour retomber en pluies diluviennes. À bonne distance du soleil, ni trop éloigné ni trop proche, la Terre est en parfait équilibre pour conserver l’eau sous forme liquide. Incroyable matière que l’eau, l’une des plus instables. Elle prend la forme liquide de l’eau courante, gazeuse de la vapeur d’eau ou solide de la glace.

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L’eau trace ses chemins, les rivières sont comme les veines d’un corps, les branches d’un arbre, les vaisseaux de la sève qu’elle apportera à la Terre. Les rivières arrachent à la roche les minéraux. Elles les apportent peu à peu à l’eau douce des océans et ainsi les océans se gorgent de sels.

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Le cycle de l’eau sur la Terre est un éternel recommencement: chutes, vapeur d’eau, nuages, pluies, sources, rivières, fleuves, mers, océans et glaciers. Jamais le cycle ne se rompt, c’est toujours la même quantité d’eau sur la Terre. La même que boivent toutes les espèces qui se sont succédé.

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Autour du pôle Nord, la banquise a perdu 30% de sa surface en 30 ans. Avec le réchauffement accéléré du Groenland, c’est l’eau douce de tout un continent qui rejoint l’eau salée des océans. Dans ses glaces, le Groenland retient 20% des eaux douces de la planète. Leurs fontes entraîneraient une élévation du niveau des mers de près de 7 mètres. La calotte glaciaire a commencé à fondre à un rythme que même les scientifiques les plus pessimistes n’auraient pu prévoir il y a moins de 10 ans. En Islande, les glaciers couvrent un peu plus de 11% de sa surface terrestre.

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Dans la grande histoire de la Terre, chaque espèce a son rôle, sa place, aucune n’est inutile ou nuisible. Tout s’équilibre. Et c’est là que moi, toi, homo sapiens, homme qui pense, apparaissons dans cette histoire. Nous profitons du fabuleux héritage de plus de 4 milliards d’années que nous a donné la Terre. Nous avons que 200 000 ans, mais nous allons changer la face du monde. Pourtant fragiles, nous allons conquérir tous les milieux, prendre possession de territoire entier comme aucune autre espèce ne l’avait fait avant nous. Nous avons brisé cet équilibre si précieux à la vie sur Terre.

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Aujourd’hui encore, la majeure partie de l’humanité vit le long des côtes, sur les rives des fleuves, des rivières et des lacs. Sur la planète, une personne sur quatre vit toujours comme l’humanité pouvait vivre il y a 6000 ans. Sans autres énergies que celle fournie par la nature, saison après saison. C’est la vie de plus d’un milliard et demi d’êtres humains. Plus que toute la population des pays riches réunie.

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Malgré l’impact que nous avons eu, il est trop tard pour être pessimiste. Aujourd’hui, 4 enfants sur 5 fréquentent une école. Jamais l’éducation n’a été donnée à autant d’humains. Chacun peut agir, du plus pauvre au plus riche. La culture, la recherche, l’éducation et l’innovation sont des ressources inépuisables. Il est trop tard pour être pessimiste. Les gouvernements protègent près de 2% de leur eau territoriale. C’est peu, mais c’est déjà 2 fois plus qu’il y a dix ans. Les premiers parcs naturels ont un peu plus d’un siècle et recouvrent 13 % des continents. Il est trop tard pour être pessimiste.

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Rappelle-toi, il est trop tard pour être pessimiste. Ce n’est pas ce que nous avons perdu, mais ce qu’il nous reste. Il nous reste la moitié des forêts du monde, des milliers de rivières, de lacs et de glaciers. Il nous reste des milliers d’espèces encore bien vivantes. Nous avons tous le pouvoir de changer les choses, à nous d’écrire le reste de l’histoire, ensemble.

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