Nuit d’encre: Histoire dans une pièce

Le 2 novembre, de 17 h à 1 h du matin, des étudiants de tous les programmes se sont réunis pour le plaisir de la création littéraire lors d’un événement nommé Nuit d’encre. Voici une hisoire de Claudie Léveillé inspiré de l’image d’une pièce dans laquelle on retrouvait un lit défait, des vêtements éparpillés, une bouteille de champagne débouchée, des jetons de casino, une arme à feu et une musique enivrante.

Elle fixait le plafond. Elle ne savait depuis combien de temps elle était dans cette chambre, mais elle savait qu’il n’y avait aucune issue. Son esprit vagabondait, las de cette solitude. Il vint un temps où elle ne savait même plus quelle période de la journée c’était. Cela n’avait plus d’importance de toute façon : elle se savait prisonnière à jamais. Pourquoi avait-elle dû payer le prix de l’erreur d’un autre? Pourquoi était-elle punie? Elle était maintenant emprisonnée dans cette pièce qui fut sa fin. Ce n’était pas sa faute, tout de même, s’il était arrivé ce qui était arrivé. Non, elle était innocente. Alors, pourquoi la condamner à cette sinistre scène, à cette horrible musique, si provocante? Les notes rappelaient la sensualité, cet art qu’elle détestait. Non, elle haïssait cette chambre. Elle voulait sortir. Mais comment? Il n’y avait même pas d’entrée. C’était une pièce carrée, assez petite. Elle était confinée à cet horrible lit, entourée de ces horribles objets. Sa survie était représentée dans cette chambre. Oh! Qu’elle haïssait tout cela. C’était son enfer, et elle y était condamnée. C’est pour des besoins de subsistance qu’elle avait dû se contraindre à cette vie dégradante. Mains voilà qu’on a abusé d’elle, et qu’elle était punie, elle, la victime. Elle avait été maltraitée. Elle n’accomplissait que son métier, elle souhaitait seulement survivre. La voilà morte et son agresseur bien vivant. La voilà condamnée à cet enfer, lui remémorant perpétuellement les services auxquels elle s’est abaissée, ce travail dénué de sensualité alors que ce criminel respirait toujours. Car elle a été provocante, disaient-ils. Car c’est son travail, rajoutaient-ils. Car elle l’a cherché, concluaient-ils. Voilà comment la société juge la victime, condamne l’innocente, impose à la femme un moyen de survie, une sexualisation injuste, seulement pour le lui reprocher plus tard. Voilà l’arme de la société.

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