Une Nuit des sans-abri émouvante à Terrebonne

Afin de sensibiliser la population au phénomène alarmant et toujours grandissant de l’itinérance, le comité organisateur de la Nuit des sans-abri de Terrebonne, formé de plusieurs organismes et institutions, incluant le Cégep à Terrebonne, a travaillé pour mettre sur pied la quinzième édition au Parc Saint-Sacrement.

Par Andy Maillé

La soirée s’est déroulée le 19 octobre et les gens étaient invités à se présenter pour la marche de solidarité à 18h30. Riche, éduqué, venant d’une bonne famille, menant une vie saine ou travailleur acharné amassant à peine assez d’argent pour vivre au-dessus du seuil de pauvreté, avec un antécédent lourd en psychiatrie, consommateur régulier ou non, qu’importe le parcours de vie, nul n’est à l’abri de se retrouver les deux pieds dans la rue avec tous les risques qui viennent avec le fait d’y vivre pendant des jours, des semaines, des mois.

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Afin de sensibiliser la population au phénomène alarmant et toujours grandissant de l’itinérance, le comité organisateur de la Nuit des sans-abri de Terrebonne, formé de plusieurs organismes et institutions, incluant le Cégep à Terrebonne, a travaillé pour mettre sur pied la quinzième édition au Parc Saint-Sacrement. Photo: Isabelle Cholette.

UNE SOIRÉE RICHE EN COULEURS

Plusieurs artistes se sont succédé sur la scène. Il y avait des chansonniers, l’humoriste Tony Gagnon avec qui j’avais partagé la scène l’an dernier dans le cadre de Cégeps en spectacle, des poètes nous sensibilisant à la réalité de l’itinérance et de la rue, des gens prenant la parole pour revendiquer et plus encore. À l’extérieur de la scène, il y avait une exposition de photos et les spectateurs étaient également encouragés à peinturer un nuage et y apposer leur signature pour souligner leur présence à l’événement.

Évidemment, j’étais aussi présent, mais ce que certains ignorent peut-être en lisant ces quelques lignes, c’est que j’ai aussi fait une prestation sur la scène. Voici en résumé comment j’ai vécu la soirée de l’intérieur.

TOUTE UNE EXPÉRIENCE

Dès le réveil, jusqu’au moment où j’ai quitté mon domicile, puis tout au long du trajet d’une trentaine de minutes pour enfin arriver sur les lieux, je ne ressentais aucun stress.

Une fois sur place, je me suis présenté et j’ai cherché à rencontrer les organisateurs qui chapeautaient la soirée. Après quelques poignées de main, on m’a dirigé vers le régisseur du son. C’est à ce moment qu’on m’a demandé : «As-tu tes ‘‘tracks’’ sonores?» Oh, oh!

S’en est suivi une recherche active pour mettre la main sur les instrumentaux que j’utiliserais pour la prestation. Heureusement, tout est rentré dans l’ordre avant le test de son. Si je commençais tranquillement à sentir la nervosité s’emparer de moi, celle-ci venait de faire un bond de géant après avoir oublié quelques paroles durant la pratique officielle. À partir de ce moment, j’ai passé pratiquement l’entièreté de la soirée isolé, à pratiquer et à répéter mes textes. J’étais en mode panique. Puis, les spectateurs sont arrivés et la soirée commençait tranquillement à prendre forme. Dans le temps de le dire, le spectacle débutait.

De mon côté, pas question de sortir de ma bulle. J’étais comme un athlète se préparant pour sa performance individuelle. Je me visualisais, je pratiquais, je marchais. Tout au long de la soirée, j’ai dû marcher un bon dix kilomètres dans un rayon de 25 mètres. Heureusement, je passais quand même tôt.

Arrive le moment décisif. Quelqu’un fait signe que c’est à mon tour. Je monte sur scène, encore à l’écart, derrière l’animateur, près des géantes colonnes qui supportent le toit de la scène extérieure. Je dépose mon sac à dos, j’enlève mon manteau et mets la bouteille d’eau à mes pieds. Les mains sur les genoux, le corps penché par en avant, le cœur qui palpite. À ce moment, je me demande ce que je fous ici. Ce n’était pas le moment de reculer.

Avec une bonne dose de courage, j’ai fait ce que j’avais à faire. Je me suis donné, je me suis défoulé, j’en ai profité et malgré le fait que je venais de m’enfarger à deux reprises devant eux, les gens semblaient avoir bien apprécié ma performance. D’ailleurs, je remercie tout le monde pour les bons commentaires et les applaudissements chaleureux que j’ai reçus. Je suis sorti de scène, accueilli par les sourires et l’étonnement de certains. J’étais au septième ciel.

Enfin, après avoir descendu de mon nuage, j’ai assisté en tant que spectateur aux différents numéros. D’ailleurs, ce n’est pas un secret pour personne si je vous dis que plus la soirée avançait, plus il faisait froid. Et ici je spécule, mais c’est sans doute la raison pour laquelle le comité organisateur a choisi de présenter l’événement la troisième semaine d’octobre. Question de nous rappeler, pendant qu’on tremble sous nos manteaux, qu’il y a des gens qui doivent faire face à la température, trouver une façon de s’abriter alors que l’hiver cogne à notre porte.

Finalement, pour les curieux, voici les deux textes que j’ai interprétés:

Make It Rain

Le mur des Lamentations

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