Entrevue avec Valérie Quevillon | Nouvel Élan Terrebonne

Mère de trois enfants et résidente de Terrebonne depuis plus de 40 ans, Valérie Quevillon s’est impliquée dans de nombreuses organisations sportives et communautaires. Elle a été travailleuse autonome dans le domaine artistique, notamment comme maquilleuse. Elle a également de l’expériences en gestion et relations publiques. Elle se présente aujourd’hui à la mairie, sous la bannière de Nouvel Élan Terrebonne afin de donner un nouveau souffle à la ville.

Par Léo Gagnon

Parlez-nous un peu de vous.

Valérie Quevillon: Je suis une mère de famille, j’ai 3 enfants. Je suis native de Terrebonne et j’y ai élevé mes enfants. Je me suis toujours impliquée: quand j’étais jeune, je servais la messe. Par la suite, je me suis impliquée à la télévision régionale, au hockey mineur. J’ai étudié en psychologie et en enseignement. J’ai enseigné et j’ai travaillé en relation d’aide avec les jeunes en difficulté. Puis, ensuite, j’ai décidé de lancer ma propre entreprise comme artiste-maquilleuse. TVA publications est un de mes gros clients. J’ai touché à beaucoup de domaines. Je suis une fille passionnée dans la vie.

Pourquoi vous présenter à la mairie de Terrebonne ?

Valérie Quevillon: J’ai été approchée par les politiciens municipaux, au départ par l’ADT. Quand j’ai vu certaines choses, comme le recrutement d’anciens membres de l’équipe Robitaille, j’ai refusé de porter cette bannière. Berthe m’a ensuite approchée. Je donne la chance à tout le monde alors je suis allée le voir. Encore là, j’étais insatisfaite. Il y avait des non-dits et je me suis dit que ça ne pouvait pas fonctionner comme ça.

Avec des encouragements de mon entourage, j’ai formé ma propre équipe. C’était important pour moi de ne pas avoir d’anciens conseillers, de présenter une équipe neuve. Je ne voulais pas avoir des politiciens qui font de la politique. Je voulais des citoyens qui allaient rendre grâce à la Ville de Terrebonne et rendre les gens fiers d’y vivre.

C’est important pour moi d’impliquer les citoyens sur les comités. Ce n’est pas à 17 personnes (16 conseillers et maire) de tout choisir. C’est donc important que les citoyens participent aux décisions de la ville.

Selon vous, quel est le plus gros problème vécu par les Terrebonniens par rapport à leur ville ces dernières années ?

Valérie Quevillon: L’intégrité. On l’a vu dans les dernières années: la collusion, la corruption, les enveloppes brunes à certaines personnes. D’autres personnes qui se font bloquer. Un hôtel de ville fermé (accès difficile pour les citoyens).

C’est pourquoi il est important de s’offrir une équipe intègre. Ce n’est pas en offrant un bureau de consultation ou en utilisant une norme anticorruption que ça va changer, car c’est encore nous qui allons payer. Les citoyens vont élire une équipe qui va payer pour prouver qu’elle est intègre. Ça ne fonctionne pas dans ma conception.

Il faut élire une équipe intègre et ouverte. Il faut que les citoyens soient impliqués pour voir ce qu’il se passe dans leur ville.

Hugo Valiquette, qui sera son chef de cabinet si elle est élue: Ça, c’est un gros changement de paradigme à l’hôtel de ville. Actuellement, tout se passe derrière des portes closes, basé sur la confiance. On se dit que nous allons donner des méthodes pour montrer aux citoyens que nous sommes intègres.

Il faut avoir des surveillants qui surveillent tout ce qu’on fait à la ville. Les citoyens auront des sièges sur toutes les commissions. Les citoyens participeront au budget participatif. Valérie va rencontrer les citoyens de tous les quartiers deux fois par année va tenir tous les mois une journée de la mairesse (où tous les citoyens pourront la rencontrer).

Vous êtes la seule à présenter 16 nouveaux candidats, qui ne viennent pas du conseil municipal sortant et qui n’ont aucun lien avec l’équipe de l’ancien maire. Comment pouvez-vous nous garantir qu’ils ont les compétences et l’expérience nécessaires pour mener notre ville à bien ?

Valérie Quevillon: Au niveau de l’expérience, j’aime autant qu’ils n’en aient pas. Si on regarde M. Berthe qui a pris son expérience avec Robitaille et M. Plante avec Charest, je pense que j’aime mieux offrir une équipe sans expérience, mais composée de citoyens impliqués dans divers milieux (communautaire, sportif).

Avoir l’expérience pour voler les gens, ce n’est pas une bonne expérience. Je suis d’avis que nous sommes mieux de repartir à neuf et de se dire qu’on va de l’avant et on fait le ménage. Nous avons tout de même notre expérience de vie.

La clé est aussi de bien s’entourer. Il faut s’entourer d’une équipe diversifiée, avec des gens qui ont tous leurs propres talents. C’est une question de travail d’équipe.

Hugo Valiquette: L’équipe a beaucoup de compétences. Nous avons un avocat à la retraite, des gens qui proviennent du milieu de l’éducation, des gens qui proviennent du communautaire. L’équipe n’a donc pas de compétence municipale mais, en gestion, c’est une autre histoire.

Vous avez fait de la parité homme/femme un de vos chevaux de bataille. Comment comptez-vous attirer les femmes dans les rouages de la ville ?

Valérie Quevillon: Justement en étant une femme. En faisant ce que je fais, je veux donner le goût aux femmes de s’impliquer avec nous. Il faut ouvrir ce milieu d’hommes aux femmes. Nous travaillerons beaucoup là-dessus. Il faut qu’il y ait de la place pour des cadres féminins à la ville.

Vous êtes la seule à promettre un gel des taxes pour les 4 prochaines années. En parallèle, vous voulez également geler la dette. Comment financerez-vous vos projets (applications, revitalisations de routes, pistes cyclables) ?

Valérie Quevillon: Ce n’est vraiment pas compliqué. Si on fait une moyenne des cinq dernières années, la ville a généré 7 millions de surplus par année. Pour couvrir l’inflation, il faut 4 millions. Il nous reste donc encore 3 millions.

En plus, les gouvernements nous offrent 75% de subventions pour nos projets. Il faut donc aller chercher toutes les subventions auxquelles nous avons droit.

Nous habitons quand même dans la deuxième ville la plus taxée au Québec. C’est un peu dérangeant d’apprendre ça. C’est le ministre des Affaires municipales qui le dit. Ce n’est pas normal. Les jeunes familles s’installent ici. Partout ailleurs, ça peut leur coûter 5 800$, ici c’est 11 550$ pour la même chose.

Vous avez assez de marge de manoeuvre à même les surplus ?

Valérie Quevillon: Tout à fait.

Hugo Valiquette: On s’est même rendu compte que le surplus accumulé est de 29 millions à la ville. On parlait justement de l’intégrité à quel point c’est important. Si on veut que les gouvernements investissent à Terrebonne, il faut qu’ils aient confiance. Mettons qu’en ce moment, Terrebonne n’est pas un exemple positif.

Il y a aussi le financement fédéral qui change. Maintenant, le fédéral finance 50% des projets au lieu de 25%. Il reste donc seulement 25% à payer pour la ville en enlevant le 25% du provincial.

Nous sommes les seuls à l’admettre, nous n’aurons pas assez d’un mandat pour réaliser toutes nos promesses. Il y en a beaucoup trop. On ne le cache pas. Il nous faut deux mandats.

Certains secteurs de la ville sont congestionnés dans les heures de pointe, comme c’est le cas pour le boulevard des Entreprises. Vous voulez évaluer la situation afin de trouver des solutions. Est-ce que ça garantit aux Terrebonniens des actions concrètes pour améliorer la fluidité de la circulation ?

Valérie Quevillon: Oui c’est certain. On le vit tous, ce problème de congestion. Il faut revoir et mettre en place certaines signalisations. Il faut aussi travailler étroitement avec nos alliés au niveau du gouvernement.

Terrebonne se développe, mais nous n’avons pas les artères nécessairement pour tous ces gens.

Hugo Valiquette: Ça nous prend un plan plus global. Par exemple, si on ouvre une nouvelle route dans le coin du boulevard des Entreprises, ça ne réglera pas le problème de la 337 ou du quartier industriel de Lachenaie. Ça prend du transport actif, collectif et une façon de revoir nos artères.

Vous avez donc l’intention de travailler sur les infrastructures routières.

Valérie Quevillon: Tout à fait. Les pistes cyclables aussi. Il faut améliorer la sécurité des cyclistes sur la côte Terrebonne et le chemin Gascon entres autres. Il y a beaucoup de restructuration à faire dans la ville et, pour tous ces projets, c’est important pour nous de consulter les citoyens.

Par exemple, sur le chemin Gascon, les commerçants doivent absolument être consultés. J’ai entendu des histoires de taxes qui ont doublé et de travaux qui ont commencé sans que les commerçants ne soient prévenus. Ça ne devrait pas se produire.

Certains projets routiers sont paralysés depuis plusieurs années par l’inaction du palier provincial, comme le parachèvement de l’autoroute 19 et l’élargissement de la 337. Comptez-vous faire pression sur le gouvernement du Québec pour réaliser ces projets ? Si oui, comment obtiendrez-vous plus de succès que l’administration municipale en place ces dernières années ?

Valérie Quevillon: Beaucoup de projets ont été bloqués en raison de l’intégrité à Terrebonne. En ayant une bonne équipe en place, composée de gens qui veulent régler des dossiers sans avoir de liens louches. Je pense que la corruption a expliqué cette hésitation du gouvernement.

Hugo Valiquette: Aussi, en impliquant la population dans les décisions, ça fait en sorte que celle-ci s’intéresse davantage à ce qui se passe à Terrebonne. Par exemple, la pétition de Mathieu Lemay sur la 337 a eu très peu de succès (moins de 3000 signatures).

Pourtant, tout le monde passe par là. Le problème, c’est que les gens ne sont tellement pas impliqués qu’ils ne croient pas qu’en signant une pétition tout va changer. En impliquant les citoyens dans les budgets et les projets, le gouvernement ne pourra plus faire la sourde oreille.

Le transport en commun est un moyen de transports utilisés par plusieurs étudiants pour se rendre au cégep. Par contre, plusieurs étudiants de Lachenaie et La Plaine (secteurs de Terrebonne) doivent compter plus d’une heure matin et soir pour se rendre au cégep dans la même ville, soit plus du double de temps par rapport à la voiture. Comment comptez-vous améliorer l’offre de transport collectif, qui relève maintenant de la RTM ?

Valérie Quevillon: Il faut avoir une entente avec la RTM. Je suis bien d’accord que la situation actuelle n’a pas de sens. Il faut vraiment bonifier ce service. Il faut augmenter la fréquence des passages d’autobus.

Hugo Valiquette : On va travailler fort avec la MRC, car ça ne dépend pas juste de Terrebonne.

On parle du transport collectif, mais il y a également le transport alternatif. Il y a sûrement d’autres façons de faire (que les autobus). Je pense par exemple au covoiturage.

Encore là, on veut consulter les citoyens. Écouter leurs problématiques, ne pas improviser mais avoir un vrai plan.

L’écologie prend de plus en plus de place dans les villes, et ça se traduit par des engagements politiques. Vos adversaires proposent des mesures pour encourager l’électrification des transports à Terrebonne. Avez-vous un plan en ce sens ?

Valérie Quevillon: Nous sommes différents de nos adversaires. Ça va être important de s’asseoir et de regarder quels sont les vrais besoins.

Par exemple, les véhicules électriques touchent davantage les plus jeunes. Nous avons également une population vieillissante à Terrebonne. Il faut donc doser les projets et s’assurer de rejoindre toutes les générations.

On veut aussi faire notre ville intelligente. Par contre, nos grands-mères n’en ont souvent pas de téléphones intelligents. Il faudra faire plusieurs projets.

L’environnement nous tient à coeur et ça se voit dans nos agissements. Nous n’avons pas utilisé beaucoup de pancartes. Non seulement pour l’environnement, mais également pour limiter la pollution visuelle. Les gens en voient à tous les lampadaires, c’est exagéré. Notre approche était d’utiliser moins de pancartes mais de les placer stratégiquement (aux endroits par où tout le monde passe).

Hugo Valiquette: Nous allons miser sur des projets plus citoyens. L’électrification des voitures de la ville, c’est déjà dans un plan de renouvellement du matériel roulant. C’est sûr que nous n’allons pas vers ça. On ne peut pas promettre que ce sera la révolution uniquement avec des bornes et des véhicules municipaux électriques. Il faut se demander à combien de citoyens ces actions parlent.

Ce n’est pas la priorité pour nous. Nous mettons la priorité sur les projets concrets pour la population. On veut des toits verts, blancs, des jardins communautaires partout en ville (pas seulement dans le quartier Urbanova). Nous avons la place, la créativité et des gens motivés.

Que voudriez-vous dire aux électeurs de Terrebonne ? Pourquoi ceux-ci voteraient-ils pour votre équipe et pas une autre ?

Valérie Quevillon: C’est simple. Nous sommes la seule équipe complète sans membre de l’ancienne administration. Nous sommes des gens qui excellons dans toutes sortes de domaines et nous voulons mettre nos compétences en commun pour gérer la ville.

Parce qu’il n’y a jamais eu de femme mairesse depuis l’abolition du régime seigneurial. Il est temps aussi pour Terrebonne d’avoir une femme mairesse. On a vu que dans plusieurs villes du Québec, des femmes ont accompli des bonnes choses pour leur ville.

C’est du nouveau monde. Des jeunes. Des gens de tous les âges. Une équipe de personnes qui ont à cœur leur ville et ses citoyens. C’est avec les gens de Terrebonne que nous voulons acquérir notre expérience et gouverner cette magnifique ville.

Entrevue avec Stéphane Berthe (maire sortant), Générations Terrebonne

Entrevue avec Marc-André Plante, Alliance Démocratique Terrebonne

Comparatif électoral – Terrebonne 2017

Photo: De gauche à droite, Valérie Quevillon, Hugo Parent (candidat du quartier 6 et étudiant au Cégep de Terrebonne), Hugo Valiquette (chef de cabinet en cas de victoire du NET). De dos, le journaliste Léo Gagnon. (Photographe: Félix Robitaille)

Abonne-toi à Ô Courant !

Aime Ô Courant sur Facebook !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s