Entrevue avec Stéphane Berthe, maire sortant | Générations Terrebonne

Conseiller municipal depuis 2009, Stéphane Berthe est devenu maire de Terrebonne en novembre 2016 à la suite de la démission de l’ex-maire Jean-Marc Robitaille. Il sollicite maintenant un mandat complet comme maire de Terrebonne, sous la bannière d’une nouvelle formation politique: Générations Terrebonne.

Par Léo Gagnon

Parlez-nous un peu de vous.

Je suis un homme d’affaires, un entrepreneur. C’est mon travail principal. Je suis propriétaire d’une compagnie depuis l’âge de 19 ans. Je me suis joint à la chambre de commerce de Terrebonne en 2001. J’ai siégé sur le conseil d’administration pendant 7 ans. J’ai été président de la chambre de commerce de 2007 à 2009.
Depuis 2009, je suis conseiller municipal. J’ai passé les huit dernières années comme conseiller du quartier 15.

Je suis aussi président du comité de transports des Moulins. Je suis donc le représentant de la couronne Nord au Réseau de transport métropolitain. Je suis maire de Terrebonne depuis le 14 novembre 2016.

Qu’est-ce qui vous motive à solliciter un nouveau mandat comme maire ?

J’ai vraiment aimé le défi qui m’a été proposé. J’ai eu l’aval de mes pairs, les conseillers qui me voyaient à la tête de la ville pour l’année suivante et pour les quatre prochaines années également. J’ai été en réflexion les premiers mois, c’est quand même une charge de travail assez importante. Pour moi, c’était aussi important d’avoir l’aval de ma famille, ce que j’ai eu à partir du mois d’avril.

Je me présente donc avec une toute nouvelle équipe pour les quatre prochaines années. Dans la dernière année, j’ai apporté beaucoup de nouveautés. J’ai changé beaucoup de choses, mais il reste du travail à accomplir et j’ai besoin d’un autre mandat pour le faire.

Vous êtes maire de Terrebonne depuis presqu’un an. De quelle réalisation êtes- vous le plus fier dans cette dernière année ?

Il y en a plusieurs. Je veux surtout avoir une approche citoyenne alors dès mon arrivée, j’ai lancé la consultation sur la participation citoyenne et des centaines de personnes ont répondu à l’appel. À la suite des résultats de cette consultation, nous pourrons mettre des choses en place pour les citoyens, au niveau de la communication et mettre en place des projets dans lesquels nous pourrons travailler avec les citoyens. Ça, j’en suis très fier.

J’ai aussi donné un mandat à l’ENAP, celui de revoir toute l’organisation au niveau de la ville. Pour moi c’est important de revoir nos façons de faire. L’ENAP a eu le mandat de rencontrer les employés, les directeurs, les chefs de services, les conseillers et le maire pour donner son point de vue sur les façons de travailler à la ville. Le rapport sera déposé vers janvier/février et, à la suite de cette analyse, nous serons en mesure d’appliquer leurs recommandations.

J’ai revu aussi le code d’éthique de la ville. J’ai mis en place la webdiffusion des séances, ça a été très apprécié et ça faisait plusieurs années que c’était attendu. Les citoyens ont maintenant la chance de voir ce qu’il se passe dans leur ville même s’ils ne se déplacent pas à la séance. La mise en place du stationnement 24/7 dans les rues, inspiré de ce qui se fait le mieux au Québec, ça aussi j’en suis fier.

Ce sont quelques-unes de mes 15 grandes réalisations de la dernière année.

Vous étiez conseiller municipal, avec deux de vos actuels candidats lors des pratiques douteuses de l’ex-maire Jean-Marc Robitaille. Pourquoi la population de Terrebonne vous ferait confiance pour éliminer la corruption et rétablir la transparence ?

J’ai amené des nouvelles façons de faire depuis mon arrivée (comme la révision du code d’éthique). Avec Générations Terrebonne, on va appliquer la norme ISO 37001, une norme anti-corruption reconnue dans 163 pays, appliquée dans plusieurs multinationales qui comptent des milliers d’employés (comme Microsoft). Certaines villes du Québec ont déjà cette norme. Elle est reconnue mondialement.

Moi, je n’ai rien à me reprocher éthiquement. Je n’ai jamais eu à rencontrer l’UPAC, donc il n’y a aucun soupçon sur moi ni sur les deux candidats en question. Je me suis assuré que ces deux candidats étaient intègres, j’ai parlé à des gens qui les connaissaient. Je n’ai aucun doute sur leur intégrité.

Mon équipe compte 14 nouveaux candidats. M. André Fontaine, par exemple, était un indépendant qui s’est joint à mon équipe et qui m’a fait confiance en me voyant travailler. M. Robert Brisebois qui s’est présenté comme indépendant en 2013 contre l’équipe Robitaille s’est aussi joint à moi. Nicolas Bucci et Marc-André Michaud, qui demandaient la mise en tutelle de la ville, m’ont vu travailler dans les derniers mois et se sont joints à moi. Je pense avoir rétabli la confiance.

Quelles sont les grandes lignes de cette norme ISO ?

Revoir nos façons de faire dans tous les processus à l’interne. Il va y avoir beaucoup d’éducation pour les employés à l’interne. On parle d’éducation sur les façons de faire, sur ce qu’est la corruption, comment la reconnaître. Se poser des questions. Est-ce que notre processus interne est le bon ?

Il y a aussi une révision à l’interne du processus d’appels d’offre. Il va également y avoir une ligne de dénonciation mise en place pour les employés et les conseillers. Il y aura un cheminement dans les prochains mois, ça n’arrivera pas en deux semaines. Ce sera basé sur l’éducation.

Vous vous engagez à limiter la hausse des taxes à l’inflation. Comment y parviendrez-vous ?

Comme je l’ai fait dans mon premier budget. Dans mon programme et dans ce que je propose aux citoyens, il n’y a aucune promesse. Il n’y a que des engagements quantifiables et réalisables. À partir de là, je sais que nous serons capables de nous les payer.

C’est beau faire des promesses et des promesses, il faut être capable de se les payer. Je veux m’assurer que nous pouvons nous payer nos engagements à l’aide de ce qu’on appelle un «portefeuille de projet». Ça consiste à se questionner sur l’utilité de chaque élément d’un projet pour la ville et à voir si nous pouvons nous le payer. On met donc les projets là-dedans et ils sont réalisés au fil des années. Ça évite un boom pour certains projets et une hausse de taxes pour les citoyens. On connaît les entrées de taxes et les sorties et on ajuste nos budgets en conséquence.

J’ai fait beaucoup de terrain. Les gens m’ont dit que oui ils veulent des belles choses, mais il faut être capable de se les payer. Je vais gérer la Ville de Terrebonne comme mon portefeuille personnel, comme mon entreprise, de façon responsable.

Vous venez de mettre en place une politique de gestion de la dette. En quoi cela consiste ?

C’est certain que nous voulons geler la dette et éventuellement la diminuer. Il y a une dette à l’ensemble de la ville et il y a des dettes de bassins (certains quartiers). Par exemple, les résidents d’Urbanova ont une taxe de bassin. Ils paient pour l’échangeur, les parcs, les projets de leur quartier. Les dettes de bassins représentent environ la moitié de la dette de la ville. Elles seront payées par les citoyens et, avec les années, éventuellement, comme dans tout règlement d’emprunt, elles vont arriver à 0.

L’autre moitié de la dette, c’est l’ensemble de la ville. C’est à celle-là que je veux m’attaquer. Déjà, nous avons 3 millions d’avance sur les prévisions budgétaires que nous avions faites pour la dette.

Certains projets, notamment en matière de transport, sont toujours en attente du provincial. Les citoyens de La Plaine attendent l’élargissement de la 337 alors que ceux de Terrebonne-Ouest attendent le parachèvement de l’autoroute 19. Pourquoi auriez-vous plus de succès auprès du provincial dans un mandat prochain ?

Parce que je suis déjà en constante communication avec le ministère des Transports. C’est déjà sur la table, on m’a déjà donné une date pour le début des travaux [337]. Je vais attendre avant de l’annoncer mais ça m’a été confirmé par le MTQ. Nous avons fait une première, soit une sortie médiatique avec tous les maires et députés environnants pour nous faire entendre. Ç’a fait bouger les choses. On a commencé à avoir des échéanciers pour l’élargissement de la 337. Nous sommes écoutés.

Pour la 19, le maire de Bois-Des-Fillions quitte, mais je compte bien reprendre le dossier de la 19. Il y a beaucoup de gens affectés dans Terrebonne-Ouest et ce sera mon cheval de bataille.

Donc le dossier de la 337 avance très bien et je prends le dossier de la 19 sur mes épaules.

Toujours au niveau de la circulation, les villes subissent de plus en plus la hausse du nombre de véhicules et Terrebonne ne fait pas exception. Certains embouteillages surviennent régulièrement dans quelques secteurs, dont celui du cégep. Le boulevard des Entreprises vient tout juste d’être revitalisé, mais la circulation y est toujours problématique. Comment comptez-vous améliorer la situation pour le secteur du cégep et les autres secteurs problématiques de Terrebonne ?

Je suis content que vous me posiez la question. C’est un autre dossier que je travaille avec le ministère des Transports. Nous voulons avoir une sortie pour la 640 direction Ouest, qui se trouverait à la fin du boulevard des Entreprises, où se trouve le centre de distribution du Rona. Nous sommes en négociation avec Québec et ça avance super bien. Ça va faire toute une différence. Tous les camions et tous les gens qui veulent prendre la 640 Ouest y seraient redirigés. Nous allons donc régler cette problématique à la sortie du cégep et du CFP.

Je travaille aussi parallèlement quant à la rue Nationale dans le quartier industriel de Lachenaie pour avoir une sortie qui va longer la 640 et qui va venir s’y rabattre par Charles-Aubert. Tous les gens qui voudront prendre la 640 Est dans ce secteur pourront y accéder par l’arrière. Nous voyons une belle ouverture du MTQ dans ce dossier aussi.

Le transport en commun est un moyen de transports utilisé par plusieurs étudiants pour se rendre au cégep. Néanmoins, pour certains jeunes de Lachenaie ou La Plaine, loin du terminus, par exemple, le transport par autobus prend plus du double de temps par rapport à la voiture (1h et +). Vous dites vouloir défendre les intérêts des Terrebonniens au sein de la RTM. Comment ?

Première des choses: on m’a nommé parce que j’ai une certaine notoriété en transport en commun. En ayant un siège au RTM, ça me donne un avantage pour défendre les intérêts des Terrebonniens. Deuxième des choses: ça fait quelques années que j’essaie de travailler avec mes partenaires (Charlemagne, Repentigny) pour que nous ayons plus d’offres de service pour le transport par la 640. Je pense que la fluidité du transport en commun va passer par la 640. On veut avoir un pôle qui va partir de Lachenaie dans l’Est pour se rendre directement au cégep. On l’offre déjà avec la 11C dans le carrefour des Fleurs, c’est assez rapide. Je veux plus de circuits qui passeront par cette artère [640].

Le projet que j’avais mis sur la table il y a trois ans, c’était un autobus express qui partait de Repentigny et passait pas la 640 pour se rendre jusqu’au Cégep Lionel-Groulx et à Saint-Eustache. Malheureusement, je n’avais pas de collaboration à ce moment.

Maintenant, avec le RTM, nous sommes tous ensemble et je crois que ça va vraiment aider. Pour les étudiants, à l’heure actuelle, le chemin Gascon et le boulevard des Seigneurs sont les seuls accès au cégep. Nous voulons miser davantage sur la 640.

L’environnement est un sujet de plus en plus d’actualité. Comment comptez-vous concrètement inciter et aider les jeunes et moins jeunes à adopter des habitudes écologiques, dans un nouveau mandat ?

La communication sur le terrain est la base. On a lancé le projet pilote de la collecte de matières compostables. On a distribué des petits cahiers d’information et ça s’est arrêté là. On a vu que seulement 20% des gens participaient au programme.

Quand on a mis la patrouille environnementale en place, on a vu une augmentation de participation de 20%. Tout passe par les communications, la sensibilisation et l’information. Pas seulement par Internet, mais surtout sur le terrain.

On veut offrir de l’information pour aider les citoyens à changer leurs habitudes de vie (ex: triage des déchets). Au printemps prochain, la patrouille environnementale sera partout sur le terrain pour sensibiliser et informer. Je rappelle aussi que la collecte des matières compostables sera généralisée dans la ville au printemps.

Qu’aimeriez-vous dire aux électeurs de Terrebonne ? Pourquoi choisir l’équipe de Générations Terrebonne plutôt qu’une autre ?

Générations Terrebonne, c’est l’équipe qui représente le plus les citoyens de la ville de Terrebonne. 8 hommes, 8 femmes, des jeunes, c’est ça Terrebonne. Ma priorité est d’aller chercher la parité hommes/femmes et les jeunes. C’est beau de dire qu’on veut impliquer les jeunes dans les décisions, mais la meilleure façon de le faire, c’est de les faire élire au conseil municipal, où se prennent les décisions.

J’ai 3 jeunes en bas de 30 ans, qui représentent une large partie de la population de Terrebonne. Deux jeunes de 23 ans, un de 27 ans, des jeunes impliqués au niveau social et communautaire. Nous avons la meilleure équipe pour représenter les citoyens.

Aussi, j’ai démontré mon leadership au cours des derniers mois et plusieurs l’ont remarqué. Terrebonne est la 10e plus grande ville au Québec, on ne peut pas mettre n’importe qui à la tête de cette ville et je suis la personne la plus compétente pour représenter les citoyens pour les 4 prochaines années.

J’ai démontré aussi ma nouvelle approche avec mes 15 actions de la dernière année. Je peux prouver hors de tout doute que je suis un homme d’action. Les choses que j’ai mises en place sont déjà avancées, en marche, et ça c’est du concret.

Je suis un gestionnaire qui comprend les chiffres et qui comprend les budgets. J’en suis à mon neuvième budget en tant que conseiller et deuxième en tant que maire. J’ai prouvé que je fais des budgets équilibrés et qui respectent la capacité de payer des citoyens.

Je suis le seul à avoir prouvé que je peux faire le travail de maire de Terrebonne, contrairement aux deux autres. Ce que j’avance, ce ne sont pas des promesses, ce sont des engagements réalisables.

Entrevue avec Marc-André Plante, Alliance Démocratique Terrebonne

Entrevue avec Valérie Quevillon, Nouvel Élan Terrebonne

Comparatif électoral – Terrebonne 2017

 

Photo : Stéphane Berthe, maire de Terrebonne, candidat à la mairie pour Générations Terrebonne. De dos, le journaliste Léo Gagnon. Photographe: Diane Legault.

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