Les migrants haïtiens à la frontière canado-américaine

L’arrivée massive d’Haïtiens à la frontière de Lacolle, au Québec, a soulevé les passions cet été. Le point sur ce sujet délicat, qu’il faut prendre le temps de bien comprendre.

Par Léo Gagnon

La très grande majorité des migrants interceptés à la frontière sont des Haïtiens qui habitent déjà aux États-Unis. Lors du tremblement de terre de 2010, ils ont pu être accueillis par les États-Unis, où ils ont reçu un statut de protection temporaire. Le président Trump a cependant annoncé son intention de faire renvoyer les Haïtiens accueillis en 2010. Ces derniers ne veulent pas retourner dans leur pays d’origine, qui ne s’est toujours pas relevé de cette catastrophe. Ils risquent de se retrouver dans une situation de pauvreté.

LE CANADA, LA TERRE PROMISE

L’immigration au Canada devient alors une solution très populaire. Le gouvernement Trudeau, depuis son élection, s’est montré très ouvert à l’immigration, en particulier aux réfugiés. L’invitation était très claire dans un tweet du premier ministre à la suite de l’annonce de Donald Trump concernant les Haïtiens:

 

 

Or, dans les faits, plus de la moitié des demandes d’asile devraient être refusées. En effet, les migrants en provenance des États-Unis ne correspondent pas à des réfugiés. Leur vie n’est pas menacée, alors qu’un réfugié doit craindre avec raison d’être persécuté dans son pays d’origine.

POURQUOI TRAVERSER ILLÉGALEMENT?

Pourquoi donc tant de migrants passent illégalement la frontière ? La loi actuelle fait en sorte qu’il est avantageux de passer la frontière de façon détournée par rapport à tenter sa chance à un poste douanier. C’est que l’entente des tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis force les demandeurs d’asile à s’adresser au premier des deux pays dans lequel ils posent les pieds. Pour ainsi dire, tant que les États-Unis ne refusent pas officiellement un réfugié, ce dernier ne pourra faire une telle demande au Canada. Or, les passeurs illégaux de la frontière ne sont pas couverts par ce règlement, ce qui leur permet d’adresser leur demande et de demeurer en camp en attendant la réponse.

DES SOLUTIONS?

Selon les lois et accords actuels, le Canada n’a d’autre choix que d’examiner les dossiers de ceux qui passent la frontière illégalement. Certains proposeront de bloquer l’accès du chemin Roxham par une clôture ou un mur, mais il est évident que ce n’est pas une option à considérer pour le gouvernement, tellement ce serait mal vu. Là où il peut y avoir une véritable solution, c’est en luttant contre la fausse information stipulant que le Canada accueille absolument tout le monde. Il faut, certes, encourager l’immigration par des moyens légaux, mais les demandeurs d’asile seront difficiles à convaincre, vu la faille présente dans nos lois…

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