Initiations: y sommes-nous obligées?

Comme chaque année, plusieurs programmes dans les universités initient leurs nouveaux arrivés en leur faisant subir différentes épreuves gênantes afin qu’ils fassent partie de la bande. Malheureusement, les initiations ont tendance à sérieusement dégénérer.

Par Catherine Rousseau

C’est à l’Université de Montréal que tout a basculé l’an passé. En effet, les étudiantes en droit ont témoigné qu’elles étaient soumises à des initiations plutôt dégradantes et humiliantes afin de pouvoir intégrer les anciens. C’est dans un article du journal étudiant de la faculté de droit de la même école qu’on a décrit ses actes comme étant une perpétuité de la culture du viol, puisqu’on demandait aux jeunes femmes de se déshabiller, de dire des propos rabaissant la femme à un objet sexuel et d’aborder un comportement sexué.

HÉLÈNE DAVID S’EN MÊLE

La ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a dit vouloir mener le combat contre cette fâcheuse situation et remédier à toutes éventualités où cela pourrait se reproduire. La Ministre compte suivre l’exemple de ses collègues qui ont interdit l’alcool et toutes sortes de comportements à caractère sexuel dans différents établissements et compte elle aussi restreindre les étudiants dans leurs séances d’initiation. Toutefois, cela ne veut pas dire d’interdire toute forme d’initiation, mais seulement de faire des balises très claires et encadrer les activités afin que personne ne soit soumis à de telles dérives.

Ce qui choque aussi Madame David, c’est que «ce sont des étudiants qui vont être un jour des avocats, peut-être des juges, qui vont défendre des femmes et des hommes victimes d’abus sexuels, qui vont défendre des gens qui ont abusé sexuellement». C’est comme ça qu’ils commencent leurs cours de droit? se demande-t-elle.

LA RÉACTION DE L’UNIVERSITÉ

En continuité avec les mots fortement utilisés d’Hélène David, l’Université de Montréal s’est déjà mise au boulot. En effet, des lois sont maintenant spécifiques à cet effet et dénoncent clairement tout type de comportements sexuels et agressants. L’Université pense que si de jeunes femmes étudiant dans le cadre de leur établissement se sentent à ce point humiliées, ils doivent réagir.

On a créé un guide pour les activités de l’école, englobant aussi les initiations, citant qu’«aucune forme de nudité, partielle ou complète, n’est présente. Également, tout objet à connotation sexuelle est interdit.» On y dit aussi que «les activités sont respectueuses et aucunement dégradantes, les jeux à connotation sexuelle, les jeux de pouvoir (l’aspect domination versus soumission) ou les jeux à connotation violente sont proscrits.»

Un pas de plus pour les victimes puisque leurs agresseurs et ceux qui voudront organiser ce type d’événement devront tout d’abord suivre une formation obligatoire.

PETIT PAS POUR L’HOMME, GRAND RECUL POUR LA FEMME

C’est tout à fait démoralisant de savoir qu’encore aujourd’hui, pour certains, les femmes sont encore des objets, de la marchandise, des choses ne servant qu’à exciter les phallus. Il est vrai que les guides de formation pour l’organisation d’événements sont de bons moyens de prévenir la culture du viol dans les initiations universitaires, mais c’est triste de savoir que l’on est obligé de créer ce genre de règlement pour ceux qui sont aussi misogynes que des défenseurs de droits et libertés!

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