Quand la vie privée devient publique

De jeunes vedettes québécoises racontent les répercussions de  l’utilisation des réseaux sociaux sur leur vie privée.

Par Chynna Poon (texte) et Kim Mecteau (vidéo) | Arts, lettres et communication

La star du web, Florence Lavoie, vit un grand succès sur sa chaîne Youtube et est suivie par des milliers de fans sur les réseaux sociaux. Elle aime partager sa vie avec ses abonnés, mais ne dévoile pas tout pour conserver une certaine vie privée.  «C’est sûr que j’en partage beaucoup, même énormément, mais en réalité il y a plein de choses que je garde privée, dit-t-elle. C’est moi qui décide ce que je vais partager ou non avec mon public.»                                                                                                    

La Youtubeuse évite certains sujets dans ses vidéos, surtout ceux qui touchent les informations de sa vie privée, de ses amis ou encore les chicanes dans sa relation amoureuse. Elle prend plaisir à avoir du succès sur sa chaîne Youtube, car cela lui permet d’avoir des revenus monétaires, tout en vivant de sa passion. Elle admet qu’il y a tout de même des inconvénients à sa popularité. «Des fois, ça peut être difficile puisque je ne peux pas trop montrer où j’habite et je ne peux pas montrer où je vais être à tel endroit, à tel moment précis, parce qu’il y a des gens qui sont un peu plus fous que d’autres.»

 

LE DROIT À LA VIE PRIVÉE

Dans l’article 5 de la Charte des valeurs québécoises, il est indiqué qu’un individu a le droit à la vie privée, mais il n’y a pas de lois ou de droits particuliers pour une vedette. Ils ont les mêmes droit qu’une personne qui n’a pas une vie publique. «Une vie privée, c’est toujours une question assez relative, explique l’étudiant en droit à l’UQAM, Lucas Galarneau. Si vous décidez d’être une personnalité publique, généralement, c’est une décision que vous avez choisie, sachant que vous allez avoir une expectative de vie privée différente.»

Selon lui, Il est tout de même important d’imposer des limites aux fans puisque les vedettes ont le droit à leur intimité et à ne pas se faire harceler. «Il a un concept en droit qui dit que nul n’est supposé ignorer la loi, dit Lucas Galarneau. En réalité, monsieur et madame tout le monde n’est pas un juriste qui connaît les obligations de la loi, mais il y a quelque chose dans le respect de la réputation et de l’image qui relève du gros bon sens. On sait très bien qu’on ne peux pas aller se coller aux vitres de quelqu’un pour regarder ce qu’il fait dans sa maison.»

Bien que la loi soit clair, certains fans dépassent les limites en brimant l’intimité de leurs idoles. «C’est déjà arrivé qu’il y ait des gens qui arrivent devant chez moi en me disant qu’ils sont allés sur Google et ont trouvé mon adresse, dit Florence Lavoie. Parfois c’est un peu bizarre que les gens veuillent autant entrer dans ma vie privée.»

LES STARS EN COUPLE

Il est difficile pour certaines vedettes québécoises de garder leur vie amoureuse privée, surtout avec les médias sociaux et la curiosité de leurs fans. Les deux jeunes acteurs québécois, Sophie Nélisse et Maxime Gibeault, ont voulu garder le début de leur relation dans l’anonymat, mais n’ont pas réussi.

«Tu ne peux pas toujours avoir le contrôle sur ce que les médias vont dire à ta place, dit Sophie Nélisse. Par exemple, lorsque Maxime et moi avons commencé à se voir, les médias ont dit que nous formions un couple, mais on avait jamais officialiser notre relation. Ils ont reformulé ça dans leur mots à eux.» Depuis qu’ils ont officialisé leur couple, ils n’ont pas de gêne à mettre en avant-plan leur relation sur les réseaux sociaux.  

Le couple n’a pas peur de montrer qu’ils s’aiment, mais croit qu’il est important de s’imposer des limites lorsqu’ils sont en public. «C’est sûr qu’en public on fait un peu plus attention, dit Maxime. Si on a envie de s’embrasser on va le faire, mais dans les lieux public où il peut avoir des gens qui nous connaissent, On ne fait pas exprès pour mettre l’attention sur nous.»

DES VEDETTES HARCELÉES

Des stars Hollywoodiennes comme Michael Douglas et Catherine Zeta-Jones adorent le Québec et décident de s’y installer puisqu’ils se font moins harceler qu’aux États-Unis.  La jeune actrice, Sophie Nélisse, remarque elle aussi lors d’un gala auquel elle est nominée à Hollywood, qu’aux États-Unis, les vedettes se font plus harceler qu’au Québec. «En sortant de l’évènement, les paparazzis et les fans me prenait par les bras et me tirait de chaque côté, comme si j’étais leur objet, dit-elle. Et même après ça, quand j’étais dans l’auto, les gens frappaient sur les vitres du véhicule et essayaient de les descendre, j’avais jamais vu une telle chose auparavant. On a ce privilège-là nous à Montréal, de ne pas vivre ce genre de harcèlement.»

L’ENTOURAGE EN AVANT-PLAN

Même si les vedettes acceptent d’avoir une vie publique et de dévoiler certaines informations de leur vie privée, leurs proches n’ont pas toujours consenti.

La psychologue, Anic Anderson, traite régulièrement des patients qui sont des personnalités connues ou encore des membres de leur famille.  «C’est certain qu’il y a des impacts négatifs sur les membres de la famille des vedettes, dit-elle. Exemple, si une vedette parle de sa mère sur les réseaux sociaux et qu’elle n’a pas donné son consentement à ce qu’elle divulgue cette information, sa vie privée, sans même qu’elle l’ait demandé, pourrait être brimée. La famille paye donc en quelque sorte le prix de la popularité de son enfant.»

Florence remarque des répercussions négatives pour son entourage. «Il est certain que ma popularité sur le web affecte mes proches, dit-elle. En voulant être authentique dans mes vidéos, je dois montrer tous les aspects de ma vie et ils en font partie. Ils ne veulent pas nécessairement toujours se faire filmer et être vus par mes abonnés. Ça crée parfois des frictions entre nous.»

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PROTÉGER SA VIE PRIVÉE

Le commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Daniel Therrien, affirme, dans un article publié à La Presse, que le gouvernement fédéral devrait rapidement moderniser les lois canadiennes en matière de protection de renseignements personnels en tenantcompte des changements technologiques qui ont eu lieu durant les dernières années. De sondages ont démontré que 90% des Canadiens sont très préoccupés par leur incapacité à protéger leurs renseignements personnels.

Avec l’émergence des médias sociaux, il serait très important d’avoir des règlements plus stricts à l’égard de la protection des renseignements personnels sur internet.  3715 milliards d’internautes est mis en danger puisqu’un grand nombres d’entre eux ne sont pas conscients que d’autres personnes peuvent s’approprier leurs informations personnelles.

Si le gouvernement fédéral ne change pas les lois, il y aura sans aucun doute de grandes conséquences pour les Canadiens. Ces renseignements pourraient être mal protégés et se retrouver entre les mains d’individus qui ne devraient pas y avoir accès. Un groupe de hackers a menaçé, en 2015, de publier des données volées auprès de 32 millions d’utilisateurs du site de rencontres, Ashley Madison.

Quelques pays de l’Union européenne prennent des mesures afin de renforcer leur cadre de protection de la vie privée, ce qui devrait tranquillement influencer le gouvernement canadien à faire de même.

 

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