Mini-marathon d’écriture – Marie-Ève Roy

Ne sachant quoi faire d’autre, j’obéis et sorti de la pièce. L’homme, me pointant toujours sa carabine de chasse sur la tête, me fait descendre l’escalier et me guide jusqu’où je vu ce que j’avais craint plus tôt : le cadavre du pauvre homme ensanglanté reposait paisiblement sur le sol. « Transporte-le à l’extérieur », m’ordonna le meurtrier. Je reste figée, je sentis la froideur du métal de l’arme dans mon dos. Je me dépêche d’empoigner le corps et je le traîne par la porte de dernière, comme me l’indique l’homme. Sa femme me regardait en pleurant, mais ne disait rien. Rendu à l’extérieur, l’homme me pointe une pelle et c’est alors que j’ai compris qu’il voulait me faire terminer le travail. Je creuse, je réfléchis, je creuse toujours.

Je ne vois vraiment aucun moyen de m’enfuir sans me faire tuer, donc je creuse. Au bout d’une heure, l’homme me dit d’arrêter et pousse le cadavre de son pied droit pour le faire tomber dans sa tombe. Je repris donc ma pelle, toujours sous la menace d’un fusil, et ensevelit le corps ensanglanté dont le crâne est défoncé. Le travail terminé, je dépose la pelle, me redresse, terrifié, ne sachant ce qui m’attendait. C’est alors que j’ai senti une douleur aiguë à la tête et j’ai perdu connaissance…

Lorsque je me suis réveillée, j’étais entourée de policiers et d’ambulanciers. J’ai lentement réalisé que je portais des menottes. J’ai aperçu le trou que je venais de creuser, vide, et j’ai reconnu le corps, quelques mètres plus loin, sur lequel on avait déposé un drap blanc.

Des policiers m’ont relevée. J’entends l’homme, le meurtrier, parler avec des policiers. Il lui raconte que sa femme, sa fille et lui-même rentraient chez eux lorsqu’ils m’ont vue finissant d’enterrer quelque chose dans leur cours. L’homme raconte qu’il n’a alors pas su quoi faire et m’a assommée pendant que sa femme composait le 911.

J’ai beau essayer de protester, mais personne ne semble me croire. Avant d’embarquer à l’arrière du véhicule des policiers, je jette un dernier regard au couple, essayant de comprendre qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ceci. La femme me regardait d’un air triste et compatissant alors que l’homme me lance un regard si glacial que je ressentis une terrible frayeur me parcourir. Je comprends maintenant que ce sociopathe a toujours eu l’intention de me faire porter le chapeau de son geste irréparable.

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