Et si les Anglais n’étaient pas arrivés? De quelle façon la francophonie aurait-elle régné? Aurait-elle été Reine de ce pays de lacs et de rivières, des forets aux montagnes, des prairies à la mer?
Si elle n’avait pas été beaten, battue, butée, par nos bouches se serait-elle laissé enlacer?
Si on pouvait changer l’histoire pour délier notre langue, faire de ce naufrage un fier navire qui tangue / sur les eaux qui nous sont chères, des Grands Lacs au fleuve St-Laurent, ne plus la sentir étrangère, voir ses voiles gonflées par ses accents. « Speak white » que l’on peut lire sur l’encre noire, mais ce soir jetons l’ancre, et quittons les livres d’histoire. Car « c’est une langue belle avec des mots superbes », rêvons donc qu’elle a grandi rose, au lieu de mauvaise herbe.
