Soins à domicile limités pour les aînés de Lanaudière

Les aînés, utilisateurs principaux des soins à domicile, sont actuellement les plus grandes victimes de la difficulté d’accès à ce service et de son manque de ressources financières, problème ressenti partout au Québec et notamment dans la région de Lanaudière.

Par Audrey Lemire | Arts, lettres et communication

Alors que le parti Libéral s’est engagé par rapport au vieillissement de la population à un financement de 150 M$ de dollars par année sur cinq ans dans les soins à domicile, seulement 60 M$ ont réellement été investis en 2016, dont à peine plus de 2,5 M$  destinés à la région de Lanaudière. Au lieu de faire état du problème, le gouvernement a mis de l’avant l’augmentation de l’investissement, qui était presque inexistant en 2015. Pourtant, 40% de la somme totale promise manque toujours et l’accès au service ne connaît pas l’amélioration attendue.

Les soins à domicile sont insuffisants pour les personnes âgées de Lanaudière
Les soins à domicile sont insuffisants pour les personnes âgées de Lanaudière. (Photo: Audrey Lemire)

ATTENTE POUR L’ACCÈS

16 500 aînés devaient attendre de 6 à 12 mois avant d’obtenir une première visite, chiffres compilés par la CAQ dans la dernière année. Ce délai est bien connu du père de Ginette Beaupré, infirmière retraitée qui n’a eu d’autres choix que de devenir proche aidante pour lui à la suite d’une hospitalisation pour un infarctus.

Alors qu’elle même est âgée de 66 ans, elle s’est chargé seule de la toilette de son père durant près d’un mois, ce qu’elle aurait eu beaucoup de mal à faire si elle n’avait pas eu son expérience dans le domaine de la santé. «Pour quelqu’un qui ne connaît pas vraiment ça, ça n’aurait pas été facile, parce que donner le bain à quelqu’un, ce n’est pas évident à domicile quand tu n’as pas d’équipement», explique-t-elle.

SOINS INSUFFISANTS

Même une fois l’attente terminée, l’investissement actuel ne représente en fait qu’un montant annuel approximatif de 200$ pour chacun des 337 000 usagers, ce qui est loin d’être suffisant pour assurer des soins adéquats. Pauline Buisson, ayant un frère schizophrène dont l’état se détériore rapidement avec la vieillesse, peut en témoigner. L’homme avait eu besoin de soins à domicile à la suite d’une hospitalisation due à sa maladie mentale, mais, les services n’étant pas suffisant, il évitait son traitement en s’enfuyant de chez lui au moment des visites. Le suivi qui aurait dû être fait ne l’a pas été, car c’est en voiture de police que le vieil homme en détresse a été ramené à l’hôpital à la suite d’une crise faite dans un parc public, résultat du manque de médication.

L’épuisement dans la voix, Mme Buisson explique que son frère Julien n’aurait même pas dû être jugé apte à regagner son domicile en pleine autonomie. «Il faut qu’il soit supervisé au point de vue médicament, au point de vue hygiène, […] car même s’ils avaient réussi pour les pilules, il n’est pas capable de fonctionner, alors dans ce cas il faut qu’il s’en aille en centre.»

Malheureusement, les centres évoqués par Mme Buisson ont été nombreux à fermer dans la région de Lanaudière dans les derniers mois, faisant de la gestion des aînés dans le besoin un jeu perdu d’avance où les services se renvoient une balle que l’on échappe à tous les coups.

 

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