De la compétition pour les fermes laitières lanaudoises

Les fermes laitières lanaudoises sont affectées par le stratagème des grandes entreprises transformatrices de lait qui leur tournent le dos et importent des États-Unis un dérivé du lait.

Par Alexandra Laurent | Arts, lettres et communication

La diminution notable du nombre de fermes laitières de Lanaudière bouleverse le président des producteurs de lait de Lanaudière, Gilbert Perreault. Le diafiltré est un lait concentré et modifié créé aux États-Unis. Aux douanes, ce produit n’est pas reconnu comme du lait, mais bien comme un concentré protéique. Il n’est donc pas taxé comme un produit laitier et évite ainsi les règles canadiennes sur les quotas laitiers.

Une fois au Canada, le diafiltré est considéré comme un produit laitier. Les grandes entreprises transformatrices de lait peuvent donc utiliser cette substance en remplacement du lait pour produire leur yogourt ou encore leur fromage.

«Le diafiltré est un produit conçu expressément pour contourner les lignes tarifaires au canada, déplore Gilbert Perreault. Ça ne se fait nulle part ailleurs dans le monde.»

Les compagnies comme Saputo, Agropur ou encore Parmalat parviennent à baisser leurs coûts de production puisque le lait diafiltré se vend cinq fois moins cher que le véritable lait.

Le propriétaire de la ferme Caribou de Terrebonne, Jasmin Mathieu, s’acharne au travail malgré la compétition américaine. (Photo: Alexandra Laurent)
Le propriétaire de la ferme Caribou de Terrebonne, Jasmin Mathieu, s’acharne au travail malgré la compétition féroce des producteurs de laits américains. (Photo: Alexandra Laurent)

SURPLUS DE PROTÉINES 

Les agriculteurs lanaudois perdent depuis quelques années leur clientèle en raison de l’importation à gros volume du diafiltré. Ils sont donc aux prises avec un surplus de protéines puisqu’aucun marché ne les réclame.

«Habituellement, on a de 10 000 à 30 000 tonnes de surplus de protéines par année qu’on est capable de gérer et d’écouler dans des produits pour alimentation animale», explique le propriétaire de la ferme Caribou de Terrebonne, Jasmin Mathieu.

Depuis l’entrée massive des protéines américaines, les producteurs laitiers lanaudois se retrouvent avec un surplus d’environ 100 000 tonnes.

IMPACTS FINANCIERS

L’importation de diafiltré par les grandes entreprises transformatrices de lait cause un manque important à combler pour les producteurs laitiers. Plusieurs fermes lanaudoises sont aux prises avec de sérieuses difficultés financières, obligeant certains agriculteurs à sacrifier leur salaire. «On perd environ 50 000$ par année à cause de ça», dévoile Jasmin Mathieu.

Des démarches sont entreprises depuis trois ans pour tenter d’empêcher l’entrée du diafiltré au pays. Malgré les multiples rencontres avec les députés provinciaux et fédéraux, les hauts fonctionnaires et les douanes canadiennes, la problématique est toujours actuelle.

«Plusieurs fermes ne passeront pas à travers», se désole Jasmin Mathieu.

 

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