Le défi d’intégration des élèves autistes

L’étude américaine Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine révèle que 46,3% des élèves autistes au secondaire sont victimes d’intimidation par rapport à 10,6% des enfants neurotypiques, soit une augmentation de 2% depuis 2015.

Par Laurence Beauparlant | Arts, lettres et communication

Il est difficile pour un enfant du secondaire de s’intégrer dans son milieu scolaire en 2016. Le défi est plus important pour ceux atteints du trouble du spectre de l’autisme (TSA).«Ils n’agissent pas comme nous et ne sont pas normaux», mentionne une élève de l’école secondaire Jean-Baptiste-Meilleur à Repentigny.

Les personnes autistes ont de la difficulté dans les relations sociales. S’exprimer ou comprendre des situations facilement identifiables par des personnes neurotypiques peut être compliqué pour elles. Elles sont particulièrement vulnérables à l’intimidation.

La Société de l’Autisme Région Lanaudière (SARL) tend la main, depuis plus de 10 ans, aux enfants autistes de la région pour les aider à s’intégrer dans la société. (Photo: Laurence Beauparlant)
La Société de l’Autisme Région Lanaudière (SARL) tend la main, depuis plus de 10 ans, aux enfants autistes de la région pour les aider à s’intégrer dans la société. (Photo: Laurence Beauparlant)

ÊTRE INFORMÉ

«La méconnaissance fait en sorte qu’on est plus porté à les ignorer», mentionne une enseignante spécialisée de cette même école, Isabelle Scott. À son avis, si les élèves du régulier avaient une meilleure ouverture d’esprit envers eux, ils seraient plus portés à s’intégrer.

Plusieurs disent que les autistes sont des mongols, des déficients intellectuels ou des personnes avec aucune émotion. «Ce n’est pas juste les élèves, mais aussi les enseignants, ajoute Isabelle Scott. J’ai porté ce même regard lorsque je suis arrivée ici pour la première fois et j’ai réalisé que c’était un regard d’incompréhension et de méconnaissance.»

Il est encore plus difficile pour un enfant ayant un TSA de gérer l’intimidation. Les jeunes du régulier peuvent dénoncer ce qui s’est passé. Ceux ayant un TSA sont très différents. «Certains sont explosifs et on leur parle, mais d’autres ne savent pas comment communiquer, ajoute Isabelle Scott. On ne saura jamais ce qui s’est passé.»

Elle croit que la société devrait être plus instruite en ce qui concerne ces individus. «On connaîtrait la situation et on saurait comment agir avec eux», ajoute une élève de l’école Jean-Baptiste-Meilleur.  

SE COMPARER AUX AUTRES

Les élèves avec un TSA ou un trouble psychopathologique sont dans un secteur à part à l’école Jean-Baptiste-Meilleur. Plusieurs élèves choisissent d’être à l’écart. «C’est très insécurisant pour eux de se retrouver avec d’autres individus du même âge, mais qui n’ont pas nécessairement le même âge cérébral», mentionne l’éducatrice spécialisée.

Avant d’être intégrée dans un milieu, il faut que la personne autiste se comprenne elle-même, puis le milieu dans lequel elle sera intégrée. «Ceux qui sont conscients de leur état se comparent aux autres, ajoute-t-elle. Il y a un malaise entre les élèves.»

«Informer, voire poser des questions, renchérit Isabelle Scott. Le rôle de tout le monde est important.» Selon elle, la société devrait moins juger ces personnes, mais développer une curiosité à leur égard.

 

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