Roxanne Néron-Lefèbvre, épanouie dans son rôle de communicatrice

Chargée de communication à la Ville de Montréal, Roxanne Néron-Lefèbvre rencontre différents enjeux qui la pousse à comprendre mieux ses publics.

Par Rosalie Beaulieu | Arts, lettres et communication

Roxanne Néron-Lefèbvre enchaîne les projets de communication dans son bureau à domicile. Elle est chargée de communication à la Ville de Montréal, dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles. Elle s’occupe autant des réseaux sociaux que des évènements et des outils promotionnels.

Roxanne a étudié en inhalothérapie avant de travailler en communication. Elle a toutefois décidé de changer de voie, trouvant ce milieu trop stressant. Elle voulait un travail plus proche des gens. «On peut avoir ce lien-là avec l’être humain, avec le public, de façon un peu plus “smooth”», dit-elle.

Elle occupe un rôle important dans les communications municipales aujourd’hui. Elle s’intéresse particulièrement à la relation entre les jeunes et la langue française. Elle tente de mieux comprendre cette réalité et de trouver des façons de les rejoindre à travers son travail.

Elle souhaite continuer à trouver un équilibre entre sa créativité et les contraintes, tout en restant fidèle à qui elle est. Elle accorde de l’importance à l’authenticité et l’écoute pour garder le lien avec les jeunes adolescents québécois vivant dans un contexte où tout évolue rapidement.

CAPTER L’ATTENTION

Comprendre les jeunes, pour Roxanne, commence par reconnaître que la réalité a changé. La baisse de la lecture en français, selon elle, ne vient pas d’un manque d’intérêt, mais plutôt du contexte qui est différent d’avant. Les réseaux sociaux sont, en effet, directement une cause de ce problème.

«Le temps d’attention n’est pas autant long que ce qu’il pouvait être auparavant», explique-t-elle, en mentionnant la présence accrue des écrans et des réseaux sociaux. Elle observe que les jeunes consomment davantage de contenus rapides, souvent en anglais, ce qui influence leur rapport à la lecture.

Elle tente donc d’adapter les communications pour rester pertinente dans son travail. Ce défi est important dans son rôle de communicatrice. «Le plus grand défi quand on essaie de rejoindre les jeunes aujourd’hui, je pense que c’est d’être pertinent», affirme-t-elle.

Elle insiste sur l’importance de réellement écouter les jeunes pour y arriver. Elle reconnaît aussi les limites de son point de vue d’adulte, ce qui influence sa manière d’approcher son travail.

Sa collègue, Émilie Hermitte, confirme cette capacité qu’a Roxanne à s’adapter. Selon elle, elle se démarque par sa réflexion stratégique et sa compréhension du public. «Elle est vraiment dans un rôle de stratège, elle sait comment adapter ses messages selon les gens à qui elle s’adresse», dit-elle.

Roxanne se décrit comme une personne sensible et réfléchie qui accorde beaucoup d’importance à l’équilibre dans sa vie. Cette approche se reflète dans son travail. Elle a une volonté de créer des liens, tout en restant authentique.

ÉCOUTER POUR MIEUX COMMUNIQUER

Roxanne réfléchit à ce qui pourrait aider la situation, au-delà de son rôle actuel. L’avenir du français chez les jeunes, selon elle, s’améliorerait avec une meilleure écoute.

«La solution, je pense, c’est de leur donner une voix, en allant les voir et en leur demandant concrètement ce qu’ils veulent», explique-t-elle. Elle insiste sur l’importance d’adapter les messages sans tomber dans une communication déconnectée de leur réalité.

Les jeunes veulent surtout se sentir compris et respectés, plutôt que ciblés selon elle. Sa vision de voir les choses transparait chez les personnes qui l’entourent.

Sa voisine, Claudine Thouin remarque sa présence rassurante. «Ça me sécurise énormément. On peut lui demander n’importe quoi. Puis, elle est là», dit-elle. Elle décrit aussi Roxanne comme une personne généreuse et délicate, des qualités qui influencent sa manière de communiquer avec les autres.

Roxanne reste optimiste malgré les défis. Elle reconnaît que les habitudes changent, mais elle croit qu’il est encore possible de rejoindre les jeunes autrement.

Cette volonté d’écoute vient aussi avec une adaptation aux nouvelles tendances. Roxanne observe que les formats courts, comme les vidéos, attirent davantage les jeunes. Elle doit donc ajuster ses projets pour capter l’attention rapidement, tout en transmettant un message clair et pertinent, sans trop le simplifier.

Cet enjeu est plus qu’une question de lecture, c’est une question de connexion. Ce lien commence par prendre le temps d’écouter, croit Roxanne.