Jouer pour exister

Yan Rompré est un acteur québécois depuis 23 ans. Il construit une carrière pleine de persévérance et de passion pour le jeu sur scène, à l’écran et même dans les écoles.

Par Alexie Poirier | Arts, lettres et communication

Yan entreprend des études en droit à l’Université Laval, à la demande de son père. Il y est resté deux semaines. «Papa, je suis allé en droit, maintenant, je peux faire ce que je veux», a-t-il dit à son père. Le comédien, natif de la Mauricie, diplôme du Collège Lionel-Groulx en théâtre en 2003. Il figure depuis dans toutes les séries populaires québécoises.

Yan Rompré est un vrai touche-à-tout: en plus de jouer, il enseigne au secondaire et chez Promédia+, une école d’animation multiplateforme. Ses élèves apprennent l’art dramatique, l’animation et l’improvisation. Il dit «adorer ça de les voir s’émanciper».

La comédienne Marie-Ève Beaulieu est une amie proche de Yan. Ils se sont rencontrés sur MySpace il y a 17 ans. Ils se côtoient régulièrement depuis. «C’est comme ça que j’ai vu que c’était quelqu’un de lumineux, de pétillant, affirme-t-elle, les yeux pétillants à son tour. On est comme des âmes sœurs/frères et on trouve plein d’échos dans nos vies aussi.»

RÉALITÉS DU MÉTIER

Yan Rompré se définit comme un acteur. Il affirme toutefois que cette profession n’est pas toujours rose. Il explique que, parfois il est demandé, et que, parfois il est oublié. «Il y a des moments où l’on t’accepte, où tu t’en vas dans les événements, on t’invite, où on veut te voir […], dit-il. Puis, il y a des moments où […] on ne veut pas t’avoir, on ne te donne pas d’invitations et on ne t’invite plus à des auditions.»

Ginette Achim, l’agente de Yan, et active dans le milieu depuis 44 ans, est heureuse de travailler avec lui. «C’est une personne très dynamique. C’est un gars qui a beaucoup de talent, affirme-t-elle. Il est charismatique, il a une belle image à l’écran, il livre bien.»

Seulement 8,2% des jeunes québécois de 15 à 29 ans consomment du contenu télévisuel québécois, selon une étude de l’Institut de la statistique du Québec menée en 2024. (Genêt, 2025)

La situation est désolante, mais explicable pour Yan Rompré. «C’est parce qu’avant, il y avait une chaîne, deux chaînes et tout le monde syntonisait la même chaîne, explique-t-il. Maintenant, il y a la télé en rattrapage, il y a la télé sur Illico. En même temps tu as plein de plateformes: Netflix, Disney, Crave. C’est dur d’aller chercher tout le monde en même temps.»

Yan aimerait évidemment que les jeunes s’intéressent plus à la télévision traditionnelle québécoise. Il souhaite leur passer un message. «Prenez le temps d’éteindre les cellulaires, de vous asseoir, de vous laisser bercer parce que la télé vous raconte, parce qu’elle a envie de parler à nous, mais à vous comme culture.»

L’AVENIR

Ces temps-ci, Yan Rompré se concentre sur son enseignement au secondaire et ses contrats. Il jouera dans la pièce Cougar qui peut cet été avec Marie-Josée Longchamps et Carmen Silvestre, qu’il qualifie de «colorée, drôle». Il va bientôt commencer à jouer dans la série Alertes à TVA. «C’est le fun, de toujours travailler un nouveau personnage, d’y apporter des couleurs», dit-il.

Il aspire maintenant à trouver un équilibre et à rester serein avec les hauts et bas que sa carrière lui procure. Il profite des petits moments de la vie. Yan a plusieurs passions: le dessin, la peinture, l’écriture, et le tennis. Il se dit être un groupie de ce sport.

Le tennis lui permet de rester dans le moment présent. «Je trouve que le tennis m’a amené le ici et maintenant avec l’autre, affirme-t-il. Je pense que, quand je joue, je suis capable de rentrer dans cette instantanéité.»

Ce qu’il aime le plus de son métier? Les rencontres créées, les liens tissés et la coopération nécessaire pour créer. Il compare le tout avec des enfants qui se rencontrent au parc et qui veulent jouer ensemble. Ces aspects sont importants à la création. «Parce que tsé, on parle de la nature humaine, puis on raconte des histoires, puis on veut que ça ait une portée, que ça touche les gens», dit-il.

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