De la rue à la chambre noire

Le photographe Yannick Lauzon travaille à l’argentique depuis sa chambre noire à Repentigny. Il capture l’essence urbaine et la culture du skate, avec une approche authentique et sans artifice.

Par Antoine Sergerie | Arts, lettres et communication

L’artiste refuse de travailler à l’ordinateur. Il développe ses photos dans sa chambre noire, au rythme des chimies, à l’ancienne. Une méthode rigoureuse, loin des standards numériques, qui témoigne de son désir de préserver une certaine authenticité dans sa démarche artistique. «Je fais de la photographie à l’ancienne, sans béquille numérique», résume le photographe.

Une approche qui lui permet de travailler sans compromis, selon ses propres règles. Cette rigueur se manifeste aussi dans ses projets personnels, notamment la photo panoramique qu’il a planifiée pendant des mois et capturée à Havre-Saint-Pierre. Une image immense de deux pieds sur six pieds, développée à la main, sans aucune retouche numérique.

PASSION POUR LE SKATE

Yannick Lauzon s’est initié à la photo par passion pour le skate. Il voulait documenter la scène locale. Cette motivation l’a poussé à s’inscrire en photographie, où il a vite découvert l’argentique. Depuis, il n’a jamais lâché.

Il a aménagé sa chambre noire en 2021, après la pandémie. «C’est l’endroit qui me ressemble le plus», dit-il. Un lieu sans lumière blanche, réservé à la création lente, manuelle et précise. Lauzon y développe toutes ses images, du négatif au tirage papier. Chaque photo est une pièce unique.

CHERCHER À TRANSMETTRE

Lauzon souhaite inspirer les autres à rester fidèles à eux-mêmes à travers ses images. «Tu fais pas de la photo pour les autres, tu fais ça pour toi», affirme-t-il. Une philosophie qu’il applique dans toutes ses démarches.

Son aspiration: enseigner la photographie. Il souhaite transmettre sa passion et valoriser une approche plus humaine, plus lente. « J’aimerais donner des ateliers, aller dans les écoles », explique-t-il. Il a récemment proposé des conférences dans des établissements secondaires, convaincu que l’argentique peut encore toucher une nouvelle génération.

Ses images en noir et blanc révèlent une vision poétique du quotidien. Entre ruelles, skateurs et portraits bruts, il raconte une culture urbaine ancrée dans l’instant. Sa méthode lente contraste avec la vitesse de consommation visuelle d’aujourd’hui, mais c’est justement ce qui la rend essentielle.

Marc-André, un tatoueur ayant participé à plusieurs projets visuels avec Yannick, décrit leur méthode de travail «Habituellement, soit qu’on pitche un thème, si on fait un vrai shooting complexe, mettons comme le shooting western. Sinon, d’habitude, Yann arrive avec une idée, puis je m’ajuste à ce qu’il veut faire.»

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