Les Rose: la part cachée de la crise d’Octobre

Le Québec célèbre cette année le 50e anniversaire d’un évènement qui a marqué son imaginaire collectif et qui a bouleversé son histoire politique: la crise d’Octobre. Félix Rose, fils du felquiste Paul Rose, offre pour l’occasion aux Québécois un récit de sa famille, révolutionnaire de plus d’une façon, dans son documentaire Les Rose. 

Par Étienne Ouellet 

Grâce à son habile montage d’entrevues et de documents vidéo d’époque, Les Rose plonge le spectateur dans une vision renouvelée des actions posées par le FLQ. Les origines des membres sont occultées: on présente l’indigence de la vie des Québécois d’alors, les réflexions toujours plus radicales d’une jeunesse désabusée et les rencontres de grands esprits qui mèneront à l’organisation de la violence de 1970. 

C’est le proverbial envers de la médaille qui est dévoilé à chaque scène au spectateur. Rejoint en entrevue, Félix Rose s’ouvre sur ses intentions à l’égard de cette perspective sur l’époque. «Dans les documents d’octobre, on a souvent le point de vue politique, le point de vue journalistique des évènements, mais rarement celui de ceux qui ont réellement posé les actions. C’est ce que j’ai voulu montrer.» 

Le Québec célèbre cette année le 50e anniversaire d’un évènement qui a marqué son imaginaire collectif et qui a bouleversé son histoire politique: la crise d’Octobre. Félix Rose, fils du felquiste Paul Rose, offre pour l’occasion aux Québécois un récit de sa famille, révolutionnaire de plus d’une façon, dans son documentaire Les Rose. 

AU-DELÀ DE CHÉNIER 

En plus de mettre en scène les membres actifs du Front de libération du Québec, le film permet la découverte d’un personnage peu connu (et pourtant passionnant): Rose, la mère des frères Paul et Jacques Rose, célèbres membres de la cellule Chénier.  

Cette femme peu éduquée, vraisemblablement destinée, comme plusieurs de ses contemporaines, à une vie cantonnée dans son rôle d’épouse et de mère, se voit propulsée au-devant des caméras en 1970, défendant avec ardeur et passion ses fils.  

Le cinéaste a confié avoir lui-même beaucoup appris sur sa grand-mère en faisant des recherches. «En découvrant son héritage, j’ai compris que tout venait d’elle! Cette force, cette envie de sortir de son milieu et d’améliorer son sort, c’est elle qui l’a transmise à ma famille.» 

PARLER D’OCTOBRE: ENTREPRISE RISQUÉE 

Parler d’un sujet aussi délicat n’est pas une mince tâche, les accrochages étaient à prévoir! Dès sa sortie, le documentaire est devenu une pomme de discorde dans les médias québécois. De tous côtés, les chroniques sont parues, tantôt pour louanger, tantôt pour vilifier Les Rose 

Pour Félix Rose, cette critique est le prix à payer pour aborder la crise d’Octobre d’une façon tout à fait honnête. «J’ai voulu présenter ces gens-là comme des humains, tandis que les chroniqueurs les voient comme des monstres, comme des terroristes. Leur malaise, c’est d’abord que je ne les ai pas présentés comme ils les conçoivent habituellement.» 

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