La culture du viol, conférence de Martine Delvaux

Une conférence sur la culture du viol et les relations consensuelles dans le milieu de l’éducation, donnée par Martine Delvaux, auteure, féministe et professeure de littérature à L’UQAM, avait lieu le 6 novembre. Avec l’entrée en vigueur de la Loi visant à prévenir et combattre les violences à caractère sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur, on ne peut ignorer cette réalité.

Par Virginie Lessard

Dans la foulée du mouvement #Metoo, les agressions sexuelles sont plus que jamais au centre de l’actualité. Au cours de la dernière année, on a eu notre lot de scandales et de témoignages. Le sujet semble omniprésent dans les médias et, pourtant, il y a encore beaucoup de travail à faire pour combattre ces violences. L’ignorance des masses à l’égard de l’idée de la culture du viol et les mentalités qui l’encouragent sont au cœur du problème. La sensibilisation demeure alors une arme de choix.

Martine Delvaux juge primordial d’aborder la question et, pour cette conférence, elle souhaitait en parler différemment. Elle est «fatiguée d’en parler de la même façon, pour faire sérieux, [d’]en parler de l’extérieur». C’est donc avec un témoignage, très personnel, relatant plusieurs épisodes de violence à caractère sexuel subie au cours de sa vie, allant de ses 13 ans à aujourd’hui, que s’ouvre la conférence.

Il s’agit de paroles, de gestes, laissant tous à leur façon leurs marques, bien réelles, qui font profondément réfléchir. Il s’agit d’un vrai coup de poing lorsqu’on réalise tout ce que ce témoignage implique, d’autant plus que, malgré toutes ces violences, Mme Delvaux a «l’impression que ça ne mérite pas d’être dit». Par culpabilité, par impression de ne pas être «une bonne victime», car, voyez-vous, c’est cela la culture du viol.

BRISER LES TABOUS

La culture du viol, voilà un concept qui fait beaucoup de bruit, mais dont on entend très peu réellement parler. Qu’est-ce que c’est pour vrai? C’est bien plus que le viol en soi,   «c’est un environnement social, médiatique, juridique et politique qui banalise, normalise, voire érotise et, dès lors, perpétue les violences sexuelles, en véhiculant des discours et des comportements sexistes, misogynes ou associés à certains types de masculinité».

La culture du viol vient donc faire référence au milieu dans lequel on vit qui «facilite, soit en encourageant, ou en niant, les violences à caractère sexuel, surtout à l’encontre des femmes de notre société». Il faut comprendre qu’il s’agit de l’accumulation de plusieurs années de banalisation. «L’expression n’est pas, comme l’affirment certains, un mot trop fort, trop puissant.»

LA BONNE VICTIME

Un point central de la culture du viol, c’est l’idée de consentement et de «bonne victime». La notion de consentement est loin d’être compliquée: sans oui, c’est non. Martine Delvaux aborde le sujet en insistant sur le fait que les deux partenaires ont un rôle à jouer dans ce consentement. «Ce n’est pas seulement un oui qui doit être prononcé; c’est aussi un oui qu’on doit vouloir entendre. La responsabilité ne se trouve pas seulement d’un côté.» Sans consentement, on commet une agression. Ignorer consciemment cette notion ou ne pas la reconnaître, c’est encourager la culture du viol.

De la même façon que Mme Delvaux éprouve de la culpabilité à raconter son histoire, plusieurs des victimes refusent de dénoncer, car elles ne se considèrent pas de «vraies» ou de «bonnes» victimes. On l’a cherché, d’une certaine façon, c’est de notre faute… Ce sont ces pensées qui, trop souvent, vont envahir l’esprit des victimes. Pourtant, il n’y a qu’un coupable et on ne doit «jamais penser que la personne agressée est coupable». La culture du viol, c’est ne pas voir les victimes pour ce qu’elles sont. C’est aussi «le fait qu’on a tendance à défendre d’emblée les accusées plutôt que de croire les victimes survivantes». La culture du viol, c’est tout cela, et plus, et ça doit changer.

Photo de la une.

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