Cuisine, culture maya et amour

La Guatémaltèque d’origine maya Anita Cortez-Shac donne des cours de cuisine typiquement guatémaltèques aux touristes. Elle a fait de son école sa propre entreprise dans le village de San Pedro de La Laguna. La jeune femme au parcours inspirant fait preuve d’un courage et d’une débrouillardise sans pareils.

Par Laurence Roberge (texte) et Florence Tremblay (vidéo) | Arts, lettres et communication

San Pedro de La Laguna est une communauté du lac Atitlán, l’étendue d’eau guatémaltèque réputée pour sa beauté. Le village est surplombé par le volcan San Pedro, sur lequel les habitants cultivent plusieurs aliments. Des peuples mayas ont vécu dans cette région pendant longtemps, c’est pourquoi leur culture y est toujours présente.

La jeune entrepreneuse accueille les touristes dans sa cuisine, qui offre une vue incroyable sur le lac. Anita donne également à ses apprentis cuisiniers la chance d’avoir une expérience typique en visitant le marché où les aliments sont achetés, juste avant de les cuisiner.

DÉBROUILLARDE DÈS SON JEUNE ÂGE

La jeune femme de 27 ans a fait preuve de débrouillardise durant son enfance en commerçant avec les touristes de son village pour rapporter de l’argent à sa famille. Cette expérience lui a permis d’apprendre l’anglais sans suivre de cours. Elle est maintenant avantagée par son bilinguisme par rapport à d’autres commerçants.

Anita a eu une vie difficile puisqu’elle a été mère monoparentale pendant cinq ans, durant sa vingtaine. «[Mon fils] est comme un ange dans ma vie», confie-t-elle. Elle a eu plusieurs emplois pendant cette période afin de subvenir à ses besoins. De l’un à l’autre, elle a fini par trouver celui qui lui convenait le mieux. «Je crois [que donner des cours] fait partie de ma destinée», croit-elle. Elle a d’ailleurs enseigné l’espagnol à des touristes pendant quelques années.

IMPORTANCE DE L’ENTRAIDE

La Guatémaltèque dirige également une coopérative où d’autres femmes du village vendent leurs créations. Ce sont certaines d’entre elles qui ont sollicité son aide il y a quelques années. Elle dit ne pas avoir pu leur refuser un coup de main, car elle sait exactement dans quelles situations économiques plusieurs se trouvent.

Les visiteurs de cette coop, située sous la cuisine où sont donnés les cours, peuvent y acheter des foulards, des sacs, des tabliers et plus encore à un prix équitable afin que leurs créatrices en bénéficient le plus possible.

CIVILISATION MAYA

En plus de permettre à la jeune femme de subvenir à ses besoins, les cours de cuisine lui donnent la chance de partager ses origines avec les touristes. C’est cette raison qui l’a motivée à commencer une telle entreprise. «Je voulais être fière de notre culture, surtout de la culture maya», affirme-t-elle. Les cours lui permettent de présenter son peuple, sa culture et sa gastronomie au monde entier.

Anita souhaite ainsi prouver que les Mayas ne se sont pas éteints. «Nous n’avons pas disparu, souligne-t-elle. Vous pouvez me regarder et dire que je suis 100% Maya.»

DISCRIMINATION

Les Mayas se font encore appeler «indios», un terme qu’ils considèrent comme insultant, par certains Guatémaltèques. Anita déplore le manque d’appréciation de ces Guatémaltèques envers la civilisation maya.

La jeune femme croit qu’il est important d’être confiant et fier de sa culture. «Pour être honnête, je suis tellement fière de qui je suis!» s’exclame-t-elle. Elle espère que les Mayas auront un jour la reconnaissance qu’ils méritent.

MESSAGE D’AMOUR

Anita incite les Guatémaltèques à s’accepter tels qu’ils sont, car elle croit que les humains sont tous identiques. «Nous avons tous une destinée différente, mais sommes tous les mêmes», soutient-elle.

Elle croit qu’il est important d’aimer autant que possible son prochain. L’amour est à la base de toutes les religions et il est même plus fort que celles-ci, selon elle. L’affection de la jeune femme envers son entourage l’a sauvée lors des moments les plus difficiles de sa vie.

Anita s’est récemment mariée. Elle a un deuxième enfant âgé de quelques mois seulement. Son mari travaille dans la capitale, à Guatemala City, à plus de 150 kilomètres de San Pedro de La Laguna. Elle ne le voit pas souvent, mais elle est en paix avec la situation.

DIFFICULTÉS FINANCIÈRES

La jeune femme fait maintenant face à un nouveau défi, car le bâtiment dans lequel elle donne ses cours de cuisine est en vente. Elle devrait donc se trouver un nouveau lieu de travail. Elle souhaite maintenant acheter le bâtiment pour s’assurer que son entreprise et la coopérative puissent continuer à œuvrer dans les mêmes conditions.

Le propriétaire du bâtiment lui a donné jusqu’à l’hiver pour amasser l’argent nécessaire puisqu’aucune banque ne veut lui prêter d’argent. Anita Cortez-Shac espère réussir à atteindre l’objectif, mais ce sera une tâche difficile. Les femmes participant à la coopérative l’aident en lui donnant une partie de leurs revenus, mais elle se demande si ce sera suffisant.

La jeune Guatémaltèque croit au destin, alors elle est certaine d’obtenir assez de fonds d’une façon ou d’une autre si telle est sa destinée.

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