Prisonnier de son corps

La mort est redoutable pour la plupart d’entre nous. Juste d’y penser, j’en ai des larmes aux yeux. On y pense lorsqu’on s’ennuie, lorsqu’on assiste à des funérailles, lorsqu’on est dans notre lit attendant les bras de Morphée. Pour quelques personnes, c’est la vie qui nous ennuie, on souhaiterait être aussi paisible que le défunt dans son cercueil et on souhaite que la nuit s’éternise à jamais.

Par Catherine Rousseau

L’aide à mourir est un sujet très controversé. Pour les médecins, il est difficile de consentir à l’idée de tuer quelqu’un, car leur principal objectif est d’aider les gens à guérir. Par contre, si la mort est le remède, la situation se complique. Les valeurs des professionnels sont alors appelées à juger le cas. De plus, le patient doit respecter plusieurs critères, dont un me dérange.

LES PROFESSIONNELS

Dans les soins palliatifs comme dans l’aide à mourir, les médecins ont un grand rôle à jouer, accompagner la personne malade vers la mort. Or, le sort du patient est entre leurs mains. Pour procéder à l’aide à mourir, deux médecins doivent être impliqués. Cependant, plusieurs spécialistes sont tout à fait contre cette pratique et c’est d’ailleurs sur ce point que je m’attarde. Je ne comprends pas en quoi quelqu’un voulant le bien d’une personne et étant censé être empathique peut être aussi fermé au point de refuser ce «traitement». Il est vrai que la mort peut être traumatisante pour certaines personnes, mais comme l’a si bien dit l’éditorialiste feu Laurent Laplante, l’aide à mourir est «un droit à l’impatience si la nature tarde à rendre le verdict qui, de toute façon, viendrait». Peu importe nos valeurs et nos opinions, il est, selon moi, plus important de respecter le patient dans ses besoins que de vérifier ses propres peurs qui font, à mon avis, partie du métier.

LES LOIS

Les lois sont bien sûr la base de toute société qui se respecte. Cependant, une des exigences requises autour de l’aide à mourir me semble plus ou moins adaptée. Selon le site du gouvernement du Québec, une personne désirant recourir à l’aide à mourir doit respecter plusieurs exigences dont celle-ci: «Être apte à consentir aux soins, c’est-à-dire être en mesure de comprendre la situation et les renseignements transmis par les professionnels de la santé ainsi que de prendre des décisions». Cette dernière condition me semble très mal adaptée à certains cas comme l’état végétatif chronique. Là se fait toute la différence : la dignité est alors réduite au minimum alors que l’individu ne peut rien y changer, l’entourage non plus, car seul le patient peut donner son consentement. Je crois que la loi devrait pouvoir être dérogée avec une certaine logique. Une personne dans un tel état mérite un minimum de dignité et de qualité de vie.  

En conclusion, je crois sincèrement au fait que la vie est importante, mais que parfois il faut savoir lâcher prise et se tenir à l’essentiel: le bonheur. Comme l’a si bien mentionné M. Laplante: «On me libère de la douleur et j’accepte de devancer ma mort d’un fragment de durée.» Je me réduis au simple fait qu’il faut savoir, dans la vie, faire preuve de logique et d’empathie envers certaines personnes qui n’ont qu’un souhait: être libre.

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