David contre Goliath

C’est exubérant de voir à quel point l’avenir, on s’en fout. Je trouvais ça étrange que de moins en moins de gens planifient la retraite. Peut-être que nous avons un problème avec la visualisation de l’avenir, l’anticipation des moments qui seront bientôt là. Nous préférons vivre comme des hédonistes, maintenant, quitte à en pâtir plus tard. Dans le cas de l’environnement, l’avenir n’est pas demain, mais hier.

Par Kevin Philibert | Fondation David Suzuki du CRTL  

J’aimerais commencer mon texte autrement, j’aimerais d’autant plus que la situation soit différente, mais devant une lutte aussi injuste, c’est difficile de faire le contraire. Une lutte injuste, non par rapport au climat puisque cette lutte est juste, nous l’avons méritée. Je parle plutôt d’une injustice vis-à-vis de la taille de notre adversaire. Fous sont ceux qui pensent que la bataille est contre le climat. Le combat est contre nous-mêmes. D’ailleurs, Hobbes disait si bien: «L’homme est un loup pour l’homme.» En effet, notre adversaire est politique et «humain».

UNE PARALYSIE GOUVERNEMENTALE

Après avoir pris connaissance de certains faits à la suite de ma lecture du livre Gagner la guerre du climat. Douze mythes à déboulonner, écrit par Normand Mousseau, j’ai réalisé que le plus grand problème n’est pas l’augmentation des gaz à effet de serre (GES), mais bien l’inaction politique vis-à-vis de l’augmentation des GES.

Il n’est même pas nécessaire d’entrer trop dans les détails pour comprendre qu’il y a un frein enclenché par le gouvernement concernant la transition énergétique et une négligence flagrante au sujet de l’élaboration d’un plan clair et précis pour atteindre les objectifs fixés à l’aveugle de réduction de GES. J’ai de la difficulté à comprendre qu’une province où les bains aux patients sont une affaire d’État qui relève directement du Ministre, défaut d’une structure de gestion qui répartit intelligemment les responsabilités, puisse prendre le recul nécessaire pour élaborer et déployer les mesures requises pour réussir une transition énergétique. Faute de structure efficace, Paris a réussi à construire 20 kilomètres de voies de tramway en moins de trois ans sur les grands boulevards, pendant que Montréal n’a ajouté ni station de Métro, ni infrastructure lourde pour favoriser le transport en commun depuis vingt-cinq ans…

Néanmoins, il serait fautif de simplement blâmer l’appareil fédéral, puisque les provinces, les territoires et les municipalités aussi manquent de cohérence dans cette lutte. Quand on pense aux investissements et aux subventions accordées à des secteurs industriels fortement émetteurs de GES, les milliards de dollars dépensés dans les autoroutes et les voies rapides plutôt que dans le transport en commun, au soutien aux technologies émettrices de GES, aux hésitations à chaque fois qu’il faut rendre la vie plus difficile aux autos au bénéfice des citoyens. Pensons aussi à l’inaction dans le projet de l’aérodrome à Mascouche, construction fortement controversée et aussi dénoncée par la Fondation David Suzuki.

UNE FIN VICTORIEUSE ?

Au moment où j’écris ceci, il existe encore des sceptiques et même des gens qui nient les changements climatiques. Qu’il existe des sceptiques, c’est correct. Par contre, l’injustice commence lorsque c’est le président de la deuxième puissance économique mondiale qui nie le problème et menace même de se retirer de l’accord de Paris sur le climat. L’injustice commence lorsque les dirigeants d’une nation, la nôtre, ne font pas tout ce qui est en leurs pouvoirs pour agir. Le gouvernement central est bien loin des citoyens et sa machine est très peu sensible aux problèmes quotidiens qu’elle inflige aux peuples.

Bien entendu, ce sont eux Goliath et nous sommes David. Même si nous avons moins de poids, nous sommes plus nombreux. Nous avons peut-être moins de sièges à la chambre, au moins, nous avons les mains libres. Ils sont peut-être plus grands, mais nous servons une cause encore plus grande qu’eux, le progrès. L’histoire nous a montré qu’un peuple mal représenté accueille davantage le changement. C’est à nous, non seulement d’accueillir le changement, mais de le forcer.

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