Hausse des signalements pour mauvais traitements psychologiques à la DPJ de Lanaudière

De plus en plus de cas d’enfants victimes de mauvais traitements psychologiques sont signalés chaque année aux DPJ du Québec et Lanaudière n’échappe pas à la hausse.

Par Audrey Lemire | Arts, lettres et communication

Les mauvais traitements psychologiques, sujet principal du bilan des directeurs de la protection de la jeunesse (DPJ) de 2015-2016, sont au cœur des préoccupations des spécialistes cette année.

Troisième catégorie de signalements la plus importante après les abus physiques et la négligence, cette problématique est aussi la seule à subir une hausse constante chaque année. Depuis 2008, les signalements retenus pour des situations de cette nature ont augmenté de 3% à la grandeur du Québec. Dans la région de Lanaudière, ces cas constituent 15,1% des motifs de rétention cette année, contre 13,8% en 2014-2015.

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UN «MAL SILENCIEUX»

Bien que les mauvais traitements psychologiques occupent maintenant une place importante dans les statistiques, la menace qu’ils constituent pour le développement des enfants a longtemps été sous-estimée. «Le mauvais traitement psychologique, ça laisse des traces qui ne sont pas toujours visibles de l’extérieur, explique Nathalie Hamelin, agente de planification, de programmation et de recherche (APPR) pour la DPJ du CISSS de Lanaudière. Il y a beaucoup de choses qui se vivent à l’intérieur et qui peuvent avoir des impacts chez l’enfant.» La spécialiste précise que ces conséquences comptent un éventail assez large, pouvant aller de l’anxiété au retard de croissance physique.

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Photo : Audrey Lemire.

CONFLITS ENTRE LES PARENTS

Selon l’institut de la statistique du Québec, près d’un mariage sur deux finit par un divorce. Si on ajoute les séparation dans les unions libres, il n’est pas surprenant que les conflits de couple/séparation représentent 21,7% des cas de mauvais traitements psychologiques.

En 2016, la guerre entre parents est déclarée dans de nombreux foyers et place les enfants au centre de conflits dont ils souffrent souvent en silence. «Ça avait tout le temps rapport à l’argent; nos vêtements, notre école, notre camp de jour, raconte Molly Béliveau, 18 ans, lorsqu’elle se remémore le divorce de ses parents. N’importe quoi qui avait rapport avec nous, ça menait toujours à des conflits.»

De nombreux parents oublient l’intérêt de l’enfant au cours d’un processus de séparation et vont souvent jusqu’à s’en servir comme intermédiaire dans leurs disputes, comportement bien connu de l’avocate à l’aide juridique en droit de la famille, Marie-Claude Trudel. «Ils vont porter sur leurs petites épaules le poids de ramener les réponses à leurs parents et de devenir, parfois, le négociateur de la chicane», s’attriste-t-elle. L’avocate explique qu’en des cas plus graves, les parents peuvent même se transmettre des messages dénigrants par le biais de l’enfant. «Il ne faut jamais oublier que l’enfant s’identifie à chacun de ses parents, donc quand on détruit l’image d’un parent, on détruit aussi quelque chose qui est semé dans le cœur de l’enfant.»

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