Miley Toro, élève de secondaire 4, passe une grande partie de son temps libre à lire et à naviguer sur les réseaux sociaux depuis chez elle à Châteauguay. Ses intérêts culturels se tournent davantage vers du contenu international que vers la culture québécoise, comme plusieurs jeunes de son âge.
Par Alexander Broncales | Arts, lettres et communication
Miley va à l’école Louis-Philippe-Paré, à Châteauguay. Organisée, autonome et intelligente, elle aime apprendre et se dépasser à l’école., Elle a une passion pour la lecture, depuis qu’elle est petite. La lecture l’amène souvent à passer du temps à la bibliothèque de son quartier. Elle apprécie particulièrement les endroits calmes où elle peut se concentrer et réfléchir.
INFLUENCES NUMÉRIQUES CHEZ LES JEUNES
Le quotidien de Miley illustre bien les changements dans les habitudes culturelles des jeunes. Même si elle aime lire et fréquenter la bibliothèque, ses moments de divertissement passent surtout par les plateformes numériques.
«Je passe plus de mon temps sur TikTok et lorsque je regarde la télé, c’est plus Netflix ou YouTube», explique-t-elle, en précisant qu’elle utilise souvent des applications comme TikTok et YouTube.
Ces plateformes lui permettent d’accéder rapidement à une grande variété de contenus, souvent courts et divertissants, qui répondent davantage à ses intérêts. Elle se tourne aussi vers des services comme Netflix où les productions internationales occupent une place dominante, lorsqu’elle regarde la télévision.
Cette réalité influence son rapport à la culture québécoise. «Sur TikTok, c’est plus des contenus anglophones», souligne-t-elle. Cela montre que ce n’est pas seulement un choix personnel, mais aussi une question d’offre. Les plateformes qu’elle utilise mettent surtout de l’avant du contenu international et ça limite la culture locale.
Elle admet voir peu de contenu québécois dans son quotidien numérique. Cette faible présence contribue à créer une certaine distance entre elle et la culture. Même si Miley affirme de ne pas se laisser influencer, son environnement numérique joue tout de même un rôle important dans ses habitudes.
Elle y développe un intérêt, à force d’être exposée à des contenus anglophones. La culture québécoise devient moins visible dans ses pratiques quotidiennes. Ce phénomène ne reflète pas nécessairement un rejet, mais plutôt une adaptation aux contenus les plus accessibles et plus présents dans son environnement.
CULUTURE QUÉBÉCOISE MOINS VISIBLE
Le point de vue de Miley est partagé par son frère. Emmanuel Toro observe le même phénomène chez les jeunes de sa génération. Il pense que le désintérêt pour la culture québécoise s’explique en grande partie par l’exposition constante à du contenu international. «On est vraiment exposés à du contenu international tout le temps», affirme-t-il.
Sur les réseaux sociaux, comme sur les plateformes de diffusion, ce sont surtout des contenus américains ou provenant d’autres pays qui dominent. Les jeunes développent naturellement une préférence pour celui-ci, à force de consommer ce type de contenu.
Il souligne aussi que le contenu québécois est moins présent sur des plateformes populaires comme Netflix ou YouTube et que cela le rend plus difficile à découvrir. Du côté de sa mère Deisy Guevara, le constat est similaire, bien qu’elle y apporte une nuance importante. «Aujourd’hui, ils sont exposés à tellement de cultures différentes», explique-t-elle.
Cette diversité culturelle peut aussi éloigner les jeunes de leur propre culture. Dans les familles, plusieurs influences se mélangent, ce qui crée un environnement où la culture québécoise n’est pas toujours au centre. Miley croit qu’il est possible de susciter davantage d’intérêt pour la culture québécoise.
Elle évoque notamment le rôle que pourrait jouer l’école dans ce processus. «C’est plus durant ma matière de Culture et citoyenneté québécoise qu’on en parle le plus, sinon, dans les autres matières, pas vraiment», explique-t-elle. La culture québécoise est encore trop peu présente dans l’ensemble des matières scolaires.
Elle propose également une solution concrète pour améliorer la situation. «Il faudrait parler un peu plus de la culture québécoise, des personnages historiques, des moments importants.»
Il serait possible de renforcer leur lien avec celle-ci et de favoriser un plus grand sentiment d’appartenance en rendant cette culture plus accessible et plus intéressante dans les milieux fréquentés par les jeunes.
