Les bots déchainés vous attaquent déjà, retenus par les informaticiens

Fanatique d’informatique, Raphaël Rouillard zigzague entre des projets personnels et carrière professionnelle. L’homme originaire de Terrebonne au passé de joueur de football, travaille maintenant sur un serveur de jeu.

L’informatique est son domaine de carrière, mais surtout une passion dont il ne pourrait se passer. Raphaël a créé un serveur roleplay à partir de rien, il a appris à protéger son espace de jeu multijoueur contre les attaques potentielles des personnes malveillantes.

Il explique que les attaques sont devenues beaucoup plus imprévisibles depuis l’arrivée de l’intelligence artificielle. «Comme l’IA peut prendre des données à l’infini en une fraction de seconde, les attaques sont beaucoup plus rapides. Ça augmente la rapidité pour eux pour détruire notre système.»

Il a appris à coder et manipuler des systèmes informatiques complexes dans le Centre de formation des Riverains, dans le programme du Programme Intégré Secondaire en Concomitance (PISC).

Cette formation lui a permis de gagner du temps sur son parcours scolaire, puisqu’il a obtenu son diplôme secondaire en juin 2025, et son diplôme d’études professionnel en janvier 2026.

Cet avantage lui permet de travailler sur le marché professionnel à seulement 18 ans. Son expérience acquise lui sera très utile pour réaliser son rêve de réussir comme ses idoles. «Il y a beaucoup de gens de nos jours qui font beaucoup d’argent en informatique. Je pense que c’est mon inspiration.»

CYBERSÉCURITÉ ET ENJEUX

Pour Raphaël, l’IA amènera des changements cruciaux dans la façon dont les attaquants et les entreprises vont aborder l’informatique.

À vrai dire, la transformation a déjà commencé. «On voit de très grosses compagnies s’outiller pour se protéger, notamment Google. Parce que ça permet d’analyser des données puis de regarder des données en quantité énorme très rapidement.»

Selon lui, il n’y a pas un danger inhérent pour les compagnies puisqu’elles investissent autant en IA à hauteur de milliards à la fois. Cet aspect amène cependant un autre enjeu, celui des prix des composants d’ordinateurs.

«Je te dirais que ce n’est pas réellement l’enjeu. Je dirais que moi, où je travaille, ça ne me touche pas réellement. Mais ce qui touche le plus les clients? C’est le coût de l’informatique qui a augmenté.» La mémoire vive de qualité a triplé ou quadruplé en prix en novembre dernier. Cette explosion des prix est majoritairement due aux compagnies investissant en intelligence artificielle.

PROJETS ET RELATIONS PERSONNELLES

Dans la fabrication de son serveur roleplay sur le jeu Grand Theft Auto 5, il a montré sa résilience envers les travaux d’ampleur professionnels.

Selon l’enseignant au CFP des Riverains, Mathis Brodeur, «Raphaël a une super belle mentalité face à l’adversité. Puis aussi, ça vient avec une très grande maturité de sa part. Quand il a un challenge qui vient vers lui, il n’a pas peur de le passer, puis d’utiliser tous ses outils pour se rendre à le conquérir.»

Ces qualités feront de lui un incontournable pour ses futurs employeurs, car il n’est pas sûr de vouloir rester technicien informatique.

«Je pense aussi que j’aimerais aller dans une voie qui m’intéresse plus, trouver ma passion. Parce qu’être technicien informatique, le travail que je fais en ce moment, je pense que ce n’est pas ma passion, mais c’est quelque chose que j’aime bien quand même.»

Même son frère, Olivier, trouve que Raphaël passe beaucoup de temps devant son ordinateur, qu’il a assemblé lui-même. «Quand il avait 14 ans, il a monté son propre ordinateur, son premier ordinateur, il a été très débrouillard avec ses mains. Et après il a fait mon ordinateur.»

Pour son frère, il n’abandonne jamais. Son projet roleplay lui a pris beaucoup de patience parce que c’était long et beaucoup d’argent et de temps.

Raphaël a comblé son emploi du temps déjà bien chargé en étant coach de jeu vidéo. Il retourne au PISC, mais cette fois pour coacher les nouveaux élèves inscrits.

Il apprend aux jeunes comment maitriser l’art de la stratégie dans Valorant, un jeu de tir à la première personne. «Avant d’être coach, j’étais joueur dans la même activité, avec un coach qui m’a appris les bases. Cette année, on m’a demandé d’être coach. J’ai dit oui, parce que j’aime les gens avec qui je travaillais, avec qui je jouais.»

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