Patrick Lagacé : un homme en or

Patrick Lagacé est journaliste depuis les années 1990. Il écrit plusieurs fois par semaine dans La Presse et co-anime les émissions Deuxième chance et Deux hommes en or.

Par Anne-Sophie Payant

Q : Qu’est-ce qui vous intéresse tant dans les belles histoires humaines comme celle que vous racontez dans votre texte du 23 décembre, à propos d’une enseignante, Fanny, qui a amassé des cadeaux de Noël pour tous les enfants de l’école?

R : Je trouvais simplement que c’était une belle et une bonne histoire. Il y a plusieurs valeurs qui sont véhiculées autour de Noël. Même si Noël n’est plus vraiment une fête religieuse, il y a l’entraide, le partage, etc. Et cette histoire-là incarnait bien les valeurs de l’entraide et de partage qui sont propres à Noël.

Q : Toujours par rapport à votre chronique sur l’enseignante Fanny, quelle est l’importance d’une chronique à ce sujet, selon vous?

R : C’était important de rappeler qu’il y a des gens qui ne pensent pas seulement à leur environnement immédiat et qui essaient de faire du bien à des gens qui ne sont pas de cet environnement immédiat. Des histoires comme ça, il y en a tout le temps. Mais, les journaux n’en parlent pas tant que ça.

Q : À propos de votre article du 18 janvier dernier sur le mouvement #etmaintenant et #moiaussi, pensez-vous qu’un jour, la société sera égale entre hommes et femmes?

R : Je l’espère, car elle l’est déjà plus qu’il y a 10 ans même 30 ans. Donc, dans le cas présent, où des femmes prennent la parole par rapport au mouvement #moiaussi, cela aide à faire prendre conscience, à faire avancer les choses. Comme je l’écrivais dans la chronique, il ne faut pas seulement prendre la parole, il faut aussi que les institutions changent et forcent le changement.

Q : Pensez-vous qu’il y aura toujours des hommes de mauvaise volonté?

R : Oui, et il faut que les règlements soient un contrepoids à cette mauvaise volonté.

Q : Pensez-vous que les cours d’éducation sexuelle qui seront offerts à l’automne prochain  auront un impact bénéfique sur le futur des jeunes?

R : Je pense que oui, mais est-ce que cela aura un impact bénéfique sur tous les jeunes? Non. Évidemment. Plus les jeunes seront exposés à l’enseignement de la sexualité de façon égalitaire, plus nous aurons d’adultes qui seront éveillés sur ces enjeux-là. Parce que, si vos parents n’ont jamais réfléchi à ça, il y a des chances qui ne vous l’enseignent jamais, et c’est là que l’école publique joue un rôle.

Q : On s’entend aussi qu’il y a des parents qui sont contre ces cours-là et cela fait le contraire de ce que l’on veut.

R : Je crois que le rôle de l’école publique est d’abolir les différences sociaux-économiques. Par exemple, si vous êtes né à Westmont ou à Saint-Henri, l’école publique doit donner la même égalité de chance et je prône la même approche pour les cours d’éducation sexuelle, qu’importe la vision qui domine dans votre famille, l’école va quand même vous donner un coffre à outils. Vos parents ont le droit de s’opposer, mais je pense qu’on ne devrait pas s’occuper de l’opinion des parents qui sont minoritaires et qui ne voudraient pas voir l’école parler de ça.

Q : À propos de l’émission Deuxième Chance, quel est l’élément qui a fait que vous ayez accepté de co-animer cette émission?

R : Quand j’ai vu l’émission originale britannique qui a inspiré Deuxième Chance, quand j’ai vu la façon dont les cas étaient traités, j’ai trouvé que c’était fait avec beaucoup de retenu et d’élégance, on ne tombe pas dans le larmoyant. Après ça, j’ai aussi vu qui était attaché au projet, réalisateur et recherchistes, qui ont une excellente réputation. J’ai décidé d’accepter.

Q : Selon vous, quelle est l’importance d’avoir une émission de ce type au Québec?

R : Je pense que c’est beaucoup de positif, et ça revient beaucoup dans les commentaires, c’est de la télé qui fait du bien. Il y a beaucoup de choses négatives à la télé, il y a beaucoup de divertissement aussi, et nous, on arrive avec des enquêtes et des quêtes qui sont positives, qui font du bien et qui règlent des choses pour les gens qui nous approchent.

Q : Est-ce difficile de ne pas entrer dans les émotions?

R : J’ai beaucoup d’expérience, donc je suis capable d’avoir du recul. Je suis capable de voir ça se dérouler sous mes yeux sans me mettre à pleurer. Et ce n’est pas d’être insensible, c’est savoir ne pas se laisser atteindre pour être capable continuer ma job. Mais cela n’empêche pas que je sois ému.

Deux hommes en or est diffusée les vendredis à 21 h et Deuxième chance les samedis à 20 h. Patrick Lagacé visitera le cégep le 27 mars sur l’heure du dîner pour offrir une conférence. Plus de détails à venir.

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